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Il faut revoir la formule du repêchage

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Photo d’archives La première loterie avec boulier déterminant le rang des équipes au repêchage a eu lieu en 2005.

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Steve Yzerman est mécontent et pour la bonne raison. Il broie du noir parce que son équipe a terminé avec 24 points de moins que la 30e meilleure formation de la Ligue nationale et il a dû choisir au 4e rang lors de la séance de repêchage. N’aurait-il pas été approprié qu’Alexis Lafrenière se retrouve à Detroit ?

La pire équipe ne devrait-elle pas avoir l’opportunité de sélectionner au premier rang ? Le règlement du boulier a de quoi soulever des interrogations. 

Il crée des situations comme celles des dernières années et il confirme que les décideurs de la Ligue nationale doutent de l’intégrité des directeurs généraux.  

On veut éviter qu’une équipe effectue des changements inattendus à la date limite pour les transactions de façon à améliorer ses chances de terminer au dernier rang.

Yzerman a l’appui de plusieurs de ses homologues.  

La compétition comporte des lois non écrites et dans un monde de plus en plus compétitif, alors que les propriétaires sont de moins en moins patients, les directeurs généraux veulent des résultats rapides et le repêchage est justement un moyen d’y parvenir. 

La question a été posée, il y a quelques jours, au directeur général, Julien BriseBois, du Lightning de Tampa Bay. « Que se passe-t-il si vous ne parvenez pas à vous conformer au règlement du plafond salarial ? Allez-vous perdre un premier choix de repêchage ? »

Réponse : « On ne pourra pas jouer... »

BriseBois ne craint pas pour le début de la saison. Il parviendra à respecter le montrant de 81,5 millions $.  

Les décisions prises en mars dernier, ou lors des mois précédents, laissaient croire que les décideurs du Lightning, parviendraient à trouver des solutions.

Mais, le contexte n’est plus le même. La pandémie a fait basculer par-dessus bord les modèles d’affaires de plusieurs formations et elle a obligé les directeurs généraux à préparer une nouvelle stratégie de gestion.

Le Lightning, on le sait, doit libérer au moins 10 M$ de sa masse salariale afin de pouvoir offrir des contrats à Mikaël Sergachev, Erik Cernak et Anthony Cirelli. Et BriseBois sait très bien qu’il n’obtiendra pas la collaboration de ses homologues.

Tyler Johnson a été soumis au ballottage, mais aucune équipe n’a mordu. 

Du temps pour Bergevin

Mais, il a du temps devant lui...

Évidemment, tout dépend quand une date sera officiellement avancée pour l’ouverture de la saison. D’ici là, les joueurs actuellement disponibles en vertu de leur statut de patineurs autonomes sans restriction trouveront une nouvelle adresse, mais peut-être pas au salaire convoité.  

Il ne faut pas oublier non plus que plusieurs joueurs n’ont pas reçu d’offres qualificatives, notamment Anthony Duclair. Par conséquent, ils peuvent offrir leurs services à toutes les équipes, du moins celles qui ont encore des options au niveau de la masse salariale.

Pour l’instant, Mike Hoffman demeure le joueur autonome sans restriction le plus attrayant. Pourrait-il améliorer le flanc gauche chez le Canadien ? 

Sans doute. Mais, selon plusieurs recruteurs, Hoffman n’est pas un joueur fiable quand l’adversaire est en possession de la rondelle.  

Son travail dans son territoire n’est jamais rassurant. Également, Tyler Toffoli a assuré Claude Julien qu’il peut évoluer sur le flanc gauche. Bergevin recherche une opportunité pour obtenir une aubaine. 

Elles ne sont pas nombreuses les formations intéressées à « risquer » un investissement de 6,5 M$. C’est ce que convoite Hoffman qui pour justifier cette somme, brandit une feuille de route intéressante, une fiche rappelant qu’il appartient au groupe des marqueurs de 30 buts par saison. 

Hoffman, assurément, donne du punch à une attaque, il est particulièrement dangereux en supériorité numérique. 

Par contre, ses carences sur le plan défensif effraient les investisseurs.

Laine et Gaudreau

Il y a aussi les dossiers de Johnny Gaudreau et Patrik Laine qui retiennent l’attention.

Les Flames de Calgary sont-ils prêts à mettre fin à leur association avec un joueur qui, en 2017-18, a récolté 99 points ? Et, les Jets qui ont rapatrié Paul Stastny ont-ils toujours l’intention de couper les ponts avec le Finlandais ? On croit que oui. 

Donc, les options pour les décideurs sont nombreuses. 

  • Des équipes qui doivent amenuiser leur masse salariale. 
  • Des joueurs autonomes qui devront possiblement baisser les prix. 
  • Des joueurs élites qui risquent de changer d’adresse...  

J’ignore si Marc Bergevin s’attarde toujours sur la situation à Calgary. J’en doute. N’a-t-il pas orienté toutes ses décisions sur la possibilité d’ajouter des patineurs avec un solide gabarit ?  

Dans le cas de Patrik Laine, c’est une autre histoire, d’autant plus que les Jets de Winnipeg se montrent très gourmands dans les discussions.

Après avoir effectué plusieurs changements au niveau des effectifs, Bergevin ne possède plus le même coussin financier. 

Mais, attention, il peut encore jongler avec son personnel des joueurs.