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Pour avoir violenté une femme : Éric Lapointe n’aura pas de casier judiciaire

Un regroupement de femmes violentées a peur qu’un mauvais message soit envoyé

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Le chanteur Éric Lapointe s’en est sorti sans casier judiciaire pour avoir violenté une femme, à la suite de sa fête d’anniversaire l’an passé et alors qu’il était intoxiqué.

«La suggestion des parties apparaît raisonnable (l'absolution) est dans l'intérêt véritable du défendeur et non contraire à l'intérêt public», a commenté le juge Steeve Larivière en accordant l’absolution au chanteur, conditionnelle à ce qu’il respecte une probation d’un an.

Juste après, la procureure de la Couronne municipale, Me Christine Plourde, a retiré l’accusation de bris de condition qui pesait sur Lapointe, pour avoir contacté la victime pendant les procédures alors que ça lui était interdit.

Le crime de Lapointe remontait à septembre 2019, alors qu’il revenait de son party d’anniversaire pour ses 50 ans. La plaignante, que l’on ne peut identifier sur ordre de la cour, a alors eu des « échanges tendus » avec le chanteur, selon le résumé des faits.

« M. Lapointe s’approche de la plaignante, pose sa main sur le cou de cette dernière tout en l’adossant contre le garde-manger », indique le document de cour.

Questionnable

Mais si cette description est vague, il s’agissait bien d’une agression pour lequel le chanteur a plaidé coupable. Et l’idée qu’il s’en sorte sans casier ne plaît pas à Chantal Arseneault, présidente du regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale..

« Il a exprimé des remords qui paraissent sincères », a expliqué le magistrat ce mardi, à la Cour municipale de Montréal en soulevant que Lapointe a reconnu avoir un problème d’alcool et que peu après, il avait entamé une démarche thérapeutique avec une psychosociologue.

Avant de plaider coupable, le chanteur avait fait un don de 3000 $ à un organisme venant en aide aux femmes violentées.    

  • Écoutez le chronique judiciaire de Nicole Gibeault à QUB radio   

Pas de contact, sauf...

Lors de l’audience de ce mardi, le juge s’est assuré que la victime avait été informée des procédures. Et comme les parties ont demandé que Lapointe ne puisse pas communiquer avec la femme pendant sa probation, sauf avec le consentement de cette dernière, le juge a voulu s’assurer que c’était une demande de la victime.

« Ce n’est pas une demande spécifique de madame », a expliqué Me Plourde.  

  • Écoutez l'entrevue avec Michael Nguyen, journaliste judiciaire au Journal de Montréal:  

L’avocat de Lapointe a pour sa part rétorqué que cette condition était « dans l’intérêt de tout le monde ».

Comme il s’agissait d’une suggestion commune tant de la défense que de la poursuite, le juge a entériné le tout, en expliquant que cela n’allait pas à l’encontre de l’intérêt public.

La Couronne municipale, qui représente la société, a refusé de s’expliquer sur le pourquoi de la suggestion.


Plutôt que d’entériner la suggestion des avocats séance tenante, le juge Steeve Larivière s’était donné jusqu’à mardi pour évaluer la proposition.