/news/politics
Navigation

Manœuvre électorale frauduleuse: une preuve contre le maire de Saint-Jérôme contestée

L’avocat de Stéphane Maher doute de la fiabilité d’un enregistrement audio

Coup d'oeil sur cet article

La fiabilité d’une preuve importante contre l’actuel maire de Saint-Jérôme, Stéphane Maher, a rapidement été contestée par son avocat au premier jour de son procès pour manœuvres électorales frauduleuses.

La première journée d’audience a été consacrée, lundi, à déterminer si un enregistrement audio réalisé à l’insu du maire pouvait servir de preuve au Directeur général des élections du Québec (DGEQ) qui le poursuit dans cette cause. 

Il s’agit du même enregistrement qui avait permis à notre Bureau d’enquête de révéler, au printemps 2019, que le maire avait offert un « emploi prestigieux » au conseiller municipal Mario Fauteux, dont il voulait se débarrasser en octobre 2017. Un autre conseiller, André Marion, aurait reçu une offre similaire la même journée. 

Le DGEQ reproche à Maher d’avoir tenté d’obtenir que les deux conseillers de son parti « s’abstiennent de poser leur candidature » à l’élection de 2017 en « leur promettant une charge, un emploi ou un avantage ».  

Ce procès devait se dérouler en mai dernier, mais a été reporté en raison de la pandémie de COVID-19.

Le maire de Saint-Jérôme, Stéphane Maher, était décontracté lundi au palais de justice.
Photo Martin Alarie
Le maire de Saint-Jérôme, Stéphane Maher, était décontracté lundi au palais de justice.

Inaudible

La défense remet en doute la fiabilité de la preuve en évoquant qu’il y a des parties de discussions qui sont inaudibles et qu’on ne peut pas prouver que l’enregistrement n’a pas été altéré entre le moment où il a été réalisé et le procès. 

« Il y a 71 [moments] inaudibles sur 46 pages [de reproduction sténographique]. [...] Dans quelle mesure tous ces inaudibles ont-ils pu fausser les phrases [ainsi que] le sens des phrases avant et après ? » a plaidé l’avocat de Maher, Robert Brunet. 

Compréhensible

« À mon sens à moi, il n’y a pas de caractère inaudible qui viendrait altérer la compréhension », a mentionné pour sa part la procureure du DGEQ, Geneviève Lemay. 

Selon elle, la juge Maria Albanese, qui n’a pas rendu sa décision lundi, doit se questionner sur la pertinence du document afin de décider si elle l’acceptera en preuve.

Dans le pire des scénarios, s’il est reconnu coupable, Maher serait inéligible à siéger pour cinq ans.


Le procès se poursuit mardi au palais de justice de Saint-Jérôme.

Interprétations différentes

« [On entend Stéphane Maher] offrir deux postes prestigieux. “Combien de jours tu veux travailler ? Deux ? Trois ? C’est réglé. C’est moi qui décide”. »

– Me Geneviève Lemay, procureure du DGEQ

« On ne sait pas si l’enregistrement a été altéré. [...] Le témoin a enregistré [la conversation] pour se faire du capital. »

– Me Robert Brunet, de la défense