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Pénurie d'enseignants: des pistes de solution exploitables

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Un problème identifié dit-on, est à moitié résolu et sur trois personnes, on peut aisément trouver quatre opinions différentes. Pourtant, un fait social inquiétant défraie la chronique, force l'unanimité: la pénurie d'enseignants au Québec. Et s'il y avait des pistes de solution exploitables? 

Les responsables ont travaillé fort pour pallier cette difficulté grandissante, l'engagement citoyen est irréprochable, cependant, le mal persiste. Nombre de salles de classe ne sont toujours pas pourvues et le travail inestimable des remplaçants n'est pas toujours bien vu par certains parents qui soupirent: cette année encore, mon fils va devoir suivre ses cours avec un remplaçant. Comme quoi, le terme remplaçant confèrerait à l'enseignant, un statut précaire «d'ouvrier de seconde zone».

Soutenir les enseignants remplaçants

D'abord, on pourrait s’attaquer au stress de la précarité, en mettant rapidement sur pied un programme de légalisation des enseignants remplaçants, le bagage intellectuel étant présent. La bureaucratie pourrait élaborer un plan allégé d’ici janvier 2021, visant à transformer ce groupe non légalement qualifié en titulaire, en attendant que les étudiants bouclent leur programme d'étude. Une base minimale de 600 à 700 heures correspondant à une année d'enseignement, en salle de classe ou en tutorat, ajoutée à des qualifications préalables, devraient suffire amplement. Il faudrait aussi bonifier le salaire pour attirer plus de candidats vers ce beau et exigeant métier.

Jean Willer Marius.
Photo Courtoisie
Jean Willer Marius.

Une banque de professionnels disponible

Ensuite, les différentes plateformes de tutorat, cette autre école, regorgent d'enseignants valables, des travailleurs essentiels, qui butent toujours sur des aléas souvent impossibles à satisfaire, lorsqu'il s'agit de décrocher leur permis d'enseigner. Si leur travail est reconnu de tous, personne semble-t-il, n'a encore pensé à puiser dans cette source féconde pour résoudre le problème. Ils comptent beaucoup d'heures à leur actif et sont le plus souvent, titulaire d'un baccalauréat ou des enseignants ayant fréquenté l'université. 

Intégrer le système, à titre d'enseignants non légalement qualifiés, signifie : réussir impérativement un test de français, le SEL, le TECFEE ou le CEFRANC et fournir la reconnaissance des études effectuées hors Québec. Pour certains, l'université où ils avaient étudié n’existe plus ou ils ne peuvent trouver les documents conformes au standard du ministère de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration (MIFI), d'autres professionnels écrivent à leurs universités au pays qui ne se donnent même pas la peine de répondre. Ce sont des centres universitaires, parfois absents sur internet, donc impossible pour le Québec de communiquer avec eux. Au final, ces enseignants qui trainent plusieurs décennies de carrière derrière eux, se voient fermer toutes les portes pour intégrer le système scolaire québécois, se découragent après plusieurs années de démarches couteuses et infructueuses.

Pour ce groupe, un programme de formation bien ficelé, toujours disponible en ligne, constitué de l’essentiel des textes d'examens déjà proposés au cours des cinq dernières années et une partie relative à la didactique, pourrait être élaboré. Les devoirs seront soumis et une épreuve finale, déterminera les futurs enseignants qui apporteront un souffle nouveau au système.

La volonté seule, suffira-t-elle à vaincre ce nouveau défi?

 Jean Willer Marius
Enseignant de Brossard

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