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Une femme endeuillée bouleversée par la lettre d'un assureur

Une femme endeuillée bouleversée par la lettre d'un assureur
PHOTO COURTOISIE, FAMILLE CLOUTIER

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La famille d’un cycliste décédé après avoir été happé par une camionnette le mois dernier a été étonnée et bouleversée d'apprendre qu'elle aurait pu devoir payer pour les dommages causés au véhicule du chauffard lors de l'accident.

«C’est incroyable. On est encore dans le deuil et on reçoit une lettre de la compagnie du chauffard. On pourrait devoir rembourser les dommages aux véhicules qui a frappé mon père», s’indigne Nicolas Cloutier, fils de la victime, Roger Cloutier, 67 ans.

L’accident est survenu le 6 septembre alors que M. Cloutier circulait à vélo avec son épouse, Esther Trudel-Cloutier, sur la route 132, dans le Bas-du-Fleuve, à Saint-Roch-des-Aulnaies. Vers 16 h 45, M. Cloutier avait pris de l’avance sur son épouse. Une camionnette dépasse alors cette dernière pour aller faucher M. Cloutier.

«Elle [Mme Trudel-Cloutier] a paniqué et est allée immédiatement vers lui. Peu après, l’homme est venu s’excuser en lui disant qu’il ne l’avait pas vu», s’est exclamé le fils de la victime, en entrevue.

Alcool au volant?

Le cycliste a été transporté à l’hôpital où son décès a été constaté. De son côté, l’automobiliste a été arrêté après un premier test d’alcoolémie produit sur les lieux. Un second test plus précis a été effectué au poste de police, mais indiquait qu’il était sur la limite permise.

Déjà affectée par la mort de Roger Cloutier et par le fait que personne n'avait encore été sommé de répondre de son décès, la famille du défunt n’a pas digéré de recevoir au début octobre une lettre de Promutuel, la compagnie d’assurance de l’automobiliste.

Une femme endeuillée bouleversée par la lettre d'un assureur
PHOTO COURTOISIE, NICOLAS CLOUTIER

«C’est inhumain de faire vivre cela à des gens endeuillés», a confié Nicolas Cloutier.

Une question de responsabilité

Un expert du monde des assurances nous a expliqué qu’il s’agit d’une méthode devenue automatique depuis quelques années et qu’il ne faut pas trop s’en faire puisque l’assurance habitation couvre ce genre de situation en cas de responsabilité d'un piéton ou d'un cycliste. La véritable cause de l'accident qui a coûté la vie à M. Cloutier n'a pas encore été déterminée et le dossier est toujours entre les mains du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

La responsabilité civile ou criminelle peut légalement déterminer laquelle des compagnies d'assurance va devoir compenser l'autre partie pour les dommages matériels.

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PHOTO COURTOISIE, ESTHER TRUDEL-CLOUTIER

Lorsqu'il s'agit d'un accident entre deux véhicules, ce sont les assurances automobile qui payent. En cas de responsabilité d'un conducteur, la compagnie d'assurance de la victime va réclamer le montant des dommages matériels à l’assureur du fautif. Lorsqu'il s'agit de la responsabilité d'un piéton ou d'un cycliste, c'est son assurance habitation qui couvre sa responsabilité civile pour ce qui est des dommages matériels qu'il a causés. Pour leur part, les blessures corporelles, la perte de revenu et les séquelles physiques relèvent de la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ) lorsqu’un véhicule automobile est impliqué dans un accident sur un chemin public.

«Il ne faut pas le prendre personnel», a conseillé Louis Cyr, ajoutant que lorsqu’il s’agit d’un accident impliquant un piéton et un véhicule, l’assureur du véhicule ne connait pas l’assureur du piéton. En tout temps, indique-t-il, on doit remettre la lettre à notre assureur maison.

La compagnie s’excuse

L’Agence QMI a téléphoné à Promutuel, mercredi matin, pour obtenir des commentaires. En après-midi, la conseillère en communication a rappelé qu’«il s’agit d’une erreur humaine et tout va être corrigé». «Nous nous excusons auprès de la famille», a ajouté la conseillère, Émilie Dick Roy.

Plus tard, en fin d’après-midi, Pierre Beauregard, le directeur général de la section Montmagny-L’Islet de la compagnie, contactait Mme Trudel-Cloutier par courriel pour s’excuser de la situation et pour mentionner que le dossier était clos, même si la responsabilité de l'accident n'a pas encore été déterminée.