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L’acteur Jacques Godin est décédé

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L’acteur Jacques Godin, connu pour avoir incarné de nombreux rôles à la télévision et au théâtre, est décédé, a annoncé mardi l’Agence Goodwin, qui le représentait. 

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Âgé de 90 ans, il s’est éteint lundi à l’Hôpital de Verdun de Montréal, des suites d’une défaillance cardiaque, apprend-on dans un communiqué.

Courtoisie Radio-Canada

«Il laisse dans le deuil sa conjointe des 30 dernières années, [la journaliste] Brigitte Bougie, sa fille Pascale (Yvan Girard), sa petite-fille, Esther Girard-Godin (Xavier P-Laberge) et son arrière-petite-fille, la belle Jeanne», indique l’Agence Goodwin.

Le «vieux lion»

Pendant plus de 60 ans, le comédien, né le 14 septembre 1930, à Montréal, a participé à plus de 200 productions au petit et au grand écran, au théâtre et à la radio (à l’époque des radioromans de CKAC, CKVL et Radio-Canada).

À la télévision, il s’était fait connaître en se glissant dans la peau du rôle-titre de «Radisson», à la fin des années 1950, et avait interprété Ben Ducresson dans la première mouture des «Belles histoires des pays d’en haut», dans les années 1960. 

Plus tard, l’un de ses rôles les plus marquants fut sans contredit celui du «vieux lion», le tyrannique Jérémie Martin, dans la saga familiale «Sous le signe du lion», diffusée à Radio-Canada à la fin des années 1990. Son interprétation de l’impitoyable personnage lui avait d’ailleurs valu des trophées Gémeaux en 1998 et en 2001.

Courtoisie Radio-Canada

Cette version de «Sous le signe du lion» était en fait un «remake» du téléroman du même nom de Françoise Loranger, diffusé en 1961. La relecture des années 90, que cosignaient entre autres Guy Fournier et Hélène Pedneault, mettait également en vedette, entre autres, Danielle Proulx et Suzanne Clément.

Plus récemment, Jacques Godin avait joué dans les séries «Mensonges», «Mémoires vives» et «Toute la vérité».

Jean-Francois Desgagnes / Le Journal de Quebec

«Grande Ourse», «Hommes en quarantaine», «Si la tendance se maintient», «Chartrand et Simonne», «Lobby», «Jasmine», «Urgence», «Innocence», «Montréal P.Q», «Scoop», «Les Forges de Saint-Maurice», «Les Berger», «Quelle famille!», «Septième Nord», «Les enquêtes Jobidon», «Cap-aux-Sorciers» et «14, rue de Galais» figurent également à sa feuille de route.

«Des souris et des hommes»

Au cinéma, la réalisatrice Léa Pool faisait de lui un homme atteint de Parkinson dans son film «La dernière fugue», en 2010. On l’a aussi vu dans «Origami», «Dans une galaxie près de chez vous 2», «Nez rouge», «Being At Home With Claude», «Pouvoir intime», «La conciergerie» et plusieurs autres longs métrages.

Sur les planches, on se souviendra de son incarnation de Lennie dans l’adaptation en téléthéâtre de la mythique «Des souris et des hommes», d’après le roman de John Steinbeck, en 1971. À ses côtés, Hubert Loiselle personnifiait George, le meneur de ce tandem d’ouvriers rêveurs.    

  • Écoutez Richard Martineau rendre hommage à Jacques Godin sur QUB radio:   

Godin avait en outre marqué le théâtre québécois avec son interprétation de Mycroft Mixeudeim, personnage principal de la pièce «La Charge de l'orignal épormyable», une œuvre écrite à la fin des années 50 par Claude Gauvreau, mais qui ne fut montée pour la première fois qu’au tournant des années 70 tellement elle était avant-gardiste pour son époque.

Au fil du temps, l’artiste a récité sur scène les mots de Tremblay, Garcia Lorca, Tchekhov, Shakespeare, Mamet, Eric-Emmanuel Schmitt, Claudel, Frisch, Beckett, Molière, Dubé et Ionesco, pour ne citer que ces grandes plumes.

Depuis 2013, il se promenait en tournée avec le pianiste et compositeur Philippe Prud’homme avec un spectacle de revisite d’œuvres musicales diverses.

En 2020, Jacques Godin était sacré Compagnon de l’Ordre des arts et des lettres du Québec. En 2017, il était fait Chevalier de l’Ordre national du Québec. Il a remporté plus d’une vingtaine de prix et nominations liés à son jeu au gré de son parcours.

Dans des entrevues accordées au cours de sa carrière, Jacques Godin avait confié avoir étudié aux HEC en sciences comptables, en plus d’avoir fait de la natation et du plongeon.

Jeune, il avait étudié au Corps-école d’officiers canadiens comme lieutenant de Réserve.

Il militait pour le bien-être animal, bien avant la mode végane des dernières années, et était végétalien depuis une vingtaine d’années.