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«Moi, j’en veux à Robert Lafrenière», dit Normandeau

L’ex-ministre pense que l’ancien patron de l’UPAC l’a «ciblée» pour sauver son job

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Nathalie Normandeau est convaincue que son arrestation a été commandée par l’ex-commissaire de l’UPAC Robert Lafrenière pour forcer la main du gouvernement afin que son poste soit renouvelé.

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En entrevue éditoriale avec Le Journal, mardi, au lendemain de la confirmation de la fin de son long parcours judiciaire, l’ancienne vice-première ministre libérale s’est vidé le cœur sur les circonstances de son arrestation, ultra-médiatisée, en plein jour de budget provincial en 2016. 

  • Écoutez Nathalie Normandeau sur QUB radio:    

« Moi, j’en veux à Robert Lafrenière. Ça fait quatre ans et demi que je me demande pourquoi j’ai été ciblée. Pourquoi moi ? À force de retourner les pierres, il n’y a qu’une seule réponse qui me vient en tête et c’est Robert Lafrenière », lâche-t-elle, persuadée que ce dernier avait besoin de marquer le coup avec un gros nom pour justifier son job de commissaire.

« J’ai été arrêtée pour lui permettre d’être renouvelé à la tête de l’UPAC, croit-elle dur comme fer. Martin Coiteux, le ministre de la Sécurité publique de l’époque, avait d’autres “prospects” dans la mire et je pense que Robert Lafrenière a fait plier le gouvernement avec mon arrestation », s’insurge-t-elle.

Robert Lafrenière
Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin
Robert Lafrenière

« Il n’y a personne qui va me faire croire que mon arrestation le jour du budget relève du hasard. Surtout que Robert Lafrenière a été un sous-ministre à la Sécurité publique. Il connaît très bien l’impact d’un budget pour un gouvernement, c’est un jour sacré », a-t-elle exposé.

Rancœur contre le DPCP

Estimant que les accusations de fraude, de complot, de corruption dans les affaires municipales et d’abus de confiance n’étaient pas fondées et n’auraient jamais dû être portées contre elle, Nathalie Normandeau en veut aussi au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) d’avoir suivi Robert Lafrenière « dans sa folie ».

« Si mes accusations étaient si béton et si solides, est-ce qu’on peut m’expliquer pourquoi, l’année dernière, on a abandonné cinq chefs d’accusation sur huit ? Comment se fait-il que trois procureurs ont décidé de quitter le navire ? Ça m’échappe complètement. »

En réflexion pour une poursuite

Fraîchement libérée de tous les chefs d’accusation qui pesaient contre elle, en raison de l’arrêt des procédures prononcé pour des délais déraisonnables, Nathalie Normandeau dit toujours réfléchir sérieusement à la possibilité de poursuivre l’État pour les dommages à sa réputation.

« Je comprends que des gens puissent être en colère, mais je le suis moi aussi face à ce qui m’est arrivé. Je ne m’en sors pas bien... ce n’est pas vrai. Le système m’a privée de mes droits fondamentaux. Je compare mon périple judiciaire à un chemin de croix et je ne souhaite pas ça à mon pire ennemi. Après toutes ces années à souffrir et à avoir été condamnée sur la place publique sans avoir été jugée, je mérite de reprendre une vie normale. »