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«Un cri de ralliement de la communauté sportive» pour un déconfinement

De nombreux athlètes ont appuyé une lettre ouverte publiée par Sports Québec.

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Photo d'archives, AFP Charles Hamelin est un des athlètes qui a appuyé la lettre ouverte de Sports Québec.

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Sports Québec souhaite que le sport soit considéré comme un secteur prioritaire lorsque la Santé publique déterminera que le moment est venu d’amorcer le déconfinement.

Au moyen d’une lettre ouverte publiée mardi matin et appuyée par plus d’une centaine de signataires provenant principalement du milieu sportif, Sports Québec a lancé un appel au gouvernement québécois. Plusieurs grands noms de la scène sportive québécoise appuient le mouvement, notamment Mikaël Kingsbury, Charles Hamelin Nicolas Gill et Antoine Valois-Fortier ; les dirigeants des fédérations sportives ; le milieu du loisir ; et le président de l’Association des pédiatres le Dr Marc Lebel.

Mikaël Kingsbury aux Jeux olympiques de PyeongChang en 2018.
Photo d'archives, Didier Debusschère
Mikaël Kingsbury aux Jeux olympiques de PyeongChang en 2018.

«Le sport organisé est un vecteur de solutions et on demande qu’il soit un secteur prioritaire partout au Québec dans les étapes de déconfinement, a mentionné la présidente Julie Gosselin. Sur le fil de fer de la pandémie, le sport est l’équilibre qui permet de ne pas basculer.»

«Notre lettre se veut un cri de ralliement de la communauté sportive», poursuit Mme Gosselin. Le milieu sportif a toujours formé une famille, mais les liens sont tissés extrêmement serrés depuis le mois de mars. 

«On travaille ensemble à trouver des solutions. On tend la main pour faire partie de la solution. On veut être un allié et un partenaire.»

Détresse psychologique

La pause initiale de 28 jours qui a été suivie d’une deuxième ainsi que l’augmentation des cas de COVID-19 ont incité Sports Québec à aller de l’avant. «Comme on a pu le voir avec une étude l’Université de Sherbrooke dont les résultats ont été publiés ce matin (mardi), les jeunes sont en détresse psychologique plus que jamais, a raconté la présidente de Sports Québec. Nous recevons des appels des athlètes et des clubs qui confirment aussi la détresse importante chez les jeunes. L’organisme Tel-jeunes nous a dit qu’il y avait une hausse constante de 30 % dans les cas. Comme un bon père et une bonne mère de famille, on veut signifier notre appui à la communauté sportive.» Les résultats préliminaires de l’étude des deux chercheuses de l’Université de Sherbrooke démontrent que les jeunes de 14 à 17 ans sont deux fois plus nombreux qu’avant à vivre de la détresse psychologique sévère. «On se doit d’aider et de prioriser les jeunes, a résumé Mme Gosselin. La communauté sportive peut faire la différence.»

Reprendre l’action rapidement

Sports Québec croit qu’un premier pas vers l’assouplissement des contraintes pourrait être franchi rapidement. «On demande une reprise modulaire sans contacts plus étroits que ceux dont nous sommes actuellement privés avec nos proches, mais nous serions capables d’ouvrir à court terme selon le plan de relance des fédérations. Tout en respectant les règles sanitaires, on pourrait créer un impact positif sur la santé mentale des jeunes. 

«Les protocoles des fédérations fonctionnent. Parmi les 65 fédérations cet été, il y a eu 60 cas positifs et aucune éclosion. Un cas positif en water-polo est survenu à l’INS dans les derniers jours. Il y a eu un bon contrôle et aucune éclosion. Nous avons une boîte d’outils efficace.» 

Valois-Fortier et Gill appuient Sports Québec  

L’entraîneur de l’équipe de Judo canadienne Nicolas Gill.
Photo d'archives
L’entraîneur de l’équipe de Judo canadienne Nicolas Gill.

Le judoka Antoine Valois-Fortier n’a pas hésité à signer la lettre appuyant la demande de Sports Québec pour le retour du sport.

Le médaillé de bronze du dernier championnat mondial a pu constater de près les effets nocifs de l’arrêt du sport organisé. «Je parle régulièrement à ma petite sœur de 12 ans qui joue au basketball et elle trouve difficile d’être privée de son sport, a raconté Valois-Fortier. Ça m’a fait réaliser toute l’importance du sport organisé dans la vie des jeunes. Je me souviens quand j’étais à l’école secondaire, le sport me motivait énormément. C’est important qu’on se fasse entendre parce que le sport fait tellement de bien et touche tellement de monde. Le sport inculque des valeurs et une hygiène de vie gigantesque.»

Également signataire de la lettre, Nicolas Gill abonde dans le même sens. «Le sport occupe une grande partie de ma vie et est une composante intégrale de la vie de mes deux petits enfants qui sont privés de leur sport, a raconté le directeur général de Judo Canada et double médaillé olympique aux Jeux de Barcelone en 1992 et de Sydney en 2000.»

Une sécurité assurée

Gill estime que les Fédérations sportives possèdent les atouts pour assurer la sécurité dans le sport. «Les Fédérations ont mis en place des protocoles pour minimiser les risques, mais la Santé publique doit leur faire confiance, a-t-il indiqué. Nous avons eu un beau laboratoire cet été avec la reprise des sports. En judo, il n’y a eu aucun cas au Québec et un seul au Canada pendant la reprise, cas qui provenait d’un parent d’un petit gars. Il y aura toujours des risques, mais il y a des moyens pour les réduire au minimum. Lors du Grand Chelem de Budapest la fin de semaine dernière, il y avait 60 pays présents et les athlètes devaient suivre un protocole très sévère. Le sport sauve de bien des problèmes de santé.» 

«Chaque ministère peut influencer les décisions de la Santé publique, mais il est difficile de juger de leur travail sans transparence, poursuit Gill. Les gens sur le terrain ne sont pas consultés dans la prise de décision. C’est désolant qu’on n’ait pas appris de leçons de la première vague.»

Si la réalité des jeunes l’a frappé de plein fouet avec l’expérience de sa petite sœur, Valois-Fortier a aussi une bonne pensée pour les athlètes dont la préparation olympique est sérieusement perturbée. «À l’INS, nous sommes très chanceux de pouvoir nous entraîner, mais ce n’est pas le cas des athlètes dans les centres régionaux ou dans les clubs. C’est très difficile et j’espère que les athlètes ne se décourageront pas.»