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En Californie, stars d’Hollywood et meetings virtuels font recette pour Joe Biden

En Californie, stars d’Hollywood et meetings virtuels font recette pour Joe Biden
Photo AFP

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Joe Biden partage un écran avec George Clooney. Sa colistière Kamala Harris participe à un quiz sur internet aux côtés d’une demi-douzaine d’acteurs de la saga Marvel.

Portées par des stars d’Hollywood et un vif sentiment de rejet contre Donald Trump, les collectes de fonds du parti démocrate pour la campagne électorale, virtuelles en raison de la pandémie, ont atteint cette année des sommets en Californie.

Dans ce bastion démocrate, État le plus riche du pays, Joe Biden dépasse son adversaire de plus de trente points dans la course à la Maison Blanche, selon les derniers sondages.

Les Californiens ne peuvent seuls changer le cours de l’élection du 3 novembre avec leurs bulletins de vote, mais leurs dons financiers pèsent lourd au niveau national et les experts assurent n’avoir jamais vu un tel militantisme de la part des célébrités.

«C’est incroyable. Ma boîte mail est chaque jour remplie de messages de tous les professionnels de l’industrie du divertissement: côté financier, côté créatif... musique, cinéma, télévision, tout», affirme à l’AFP Bill Carrick, spécialiste en stratégie pour le parti démocrate basé à Los Angeles.

Durant la campagne, les acteurs de “Seinfeld”, de «Happy Days» et de «The West Wing» ont ainsi organisé des meetings sur internet, et tous les corps de métier d’Hollywood - scénaristes, réalisateurs, producteurs, agents - s’investissent également, dit-il.

Des places pour une discussion virtuelle avec Hillary Clinton animée par l’humoriste Amy Schumer ont par exemple atteint mercredi 50 000 dollars.

«La pandémie a créé ces levées de fonds virtuelles, principalement sur Zoom, et elles connaissent un succès monstre», estime M. Carrick.

Selon Steven Maviglio, expert en stratégie à Sacramento, le parti démocrate en Californie a récolté «près du double d’il y a quatre ans».

La Californie «a toujours eu la réputation d’être une sorte de distributeur de billets», explique-t-il. «Mais cette année, les candidats ne sont pas vraiment beaucoup venus pour participer à des événements en personne. C’est l’argent qui est allé à eux».

Biden aux Oscars en 2016

La Californie est le plus gros contributeur pour Joe Biden: de 105 à 150 millions de dollars, selon les estimations. Cela représenterait environ 20% de la somme totale réunie par son comité de campagne, indique l’ONG Center for Responsive Politics (CRP).

A titre de comparaison, Donald Trump a obtenu environ 60 millions de dollars dans l’État.

A l’exception de la Silicon Valley et de ses firmes technologiques, Hollywood reste «à la source du financement, avec des gens qui sont passionnés de politique» et des «stars providentielles», résume M. Maviglio.

Joe Biden bénéficie en outre des solides contacts qu’il a noués à Hollywood lorsqu’il était sénateur puis vice-président. Il est même monté sur scène lors de la cérémonie des Oscars en 2016.

Steven Spielberg (5,1 millions de dollars) et l’acteur-producteur Seth MacFarlane (3,6 millions) figurent parmi les plus grands donateurs démocrates cette année, selon les données du CRP.

Contrairement à ce qu’on pouvait craindre initialement avec l’arrêt des cocktails et dîners de gala, la pandémie n’a pas tari les collectes de fonds. Au contraire, les événements virtuels semblent avoir simplifié les choses pour tout le monde, disent les spécialistes.

Les célébrités n’ont plus à jongler avec des calendriers de tournage compliqués, ni à se pomponner ou à serrer des centaines de mains. Idem pour les riches donateurs, qui peuvent toujours rencontrer leurs idoles même s’ils n’ont plus accès aux autographes.

Hollywood est considérée comme ultra-majoritairement progressiste, et 88% des dons de l’industrie du divertissement sont allés aux démocrates cette année, selon le CRP.

Les patrons des grands studios ont pourtant longtemps financé les républicains, depuis le magnat de la MGM Louis B. Mayer dans les années 1920 jusqu’à l’étroit réseau tissé dans le showbiz par le président Ronald Reagan, lui-même ancien acteur.

Mais selon des experts des deux camps politiques interrogés par l’AFP, les financements destinés à Donald Trump sont indéniablement en berne.

Anne Dunsmore, qui lève des fonds pour le parti républicain depuis des décennies, estime que les manifestations contre le racisme portées par le mouvement Black Lives Matter ont dopé les financements démocrates venant d’Hollywood. A l’inverse, des donateurs républicains ont préféré rester discrets dans ce contexte.

«C’est possible dans certains cas», reconnaît Bill Carrick. «Mais le plus important, c’est qu’ils n’aiment tout simplement pas la politique de Trump».