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Équipe Canada junior: «il va y avoir pas mal» de joueurs de la LHJMQ

André Tourigny
Photo d'archives, Agence QMI André Tourigny

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Équipe Canada junior dévoilera jeudi la liste des joueurs qui seront invités à son camp de sélection en vue du prochain Championnat du monde et l’entraîneur-chef de la formation, André Tourigny, a assuré que la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) allait être bien représentée au sein du groupe.

«Il va y en avoir. Il va y en avoir pas mal», a laissé tomber l’entraîneur québécois, mercredi soir, à l'émission du réseau TVA Sports Dave Morissette en direct, lorsque questionné sur le nombre de joueurs du circuit québécois qui figureront sur la liste.

Évidemment, celui qui dirige aussi les 67’s d’Ottawa, dans la Ligue de hockey junior de l’Ontario (OHL), n’a pas voulu trop s’avancer à ce sujet, préférant tout garder pour l’annonce de jeudi. Il demeure que Tourigny, qui dirige une formation ontarienne depuis 2017, considère la LHJMQ comme «sa» ligue et il n’entend pas l’ignorer.

«J'aime ça jaser, j'aime les boys de la "Q", je parle à beaucoup de gens, a-t-il expliqué. Demain, il y aura des joueurs invités pour lesquels on m'a dit "tu dors champion, lui, c'est sûr qu'il faut qu'il soit là". J'ai toujours été à l'écoute.»

Cela dit, comme la plupart des hommes de hockey, la provenance d’un joueur n’est pas le plus important des critères pour Tourigny.

«Quand tu "coaches" un joueur, que son nom soit Peterson, Smith, Morissette ou Séguin, s'il fait la job, tu l'aimes», a-t-il indiqué.

«On peut avoir huit Québécois sur l'équipe ou deux, l'important, c'est de revenir avec la médaille d'or», a-t-il ajouté.

Après avoir été adjoint l’an dernier, Tourigny obtient sa première chance comme entraîneur-chef de la formation canadienne, «un honneur extraordinaire» pour le natif de Nicolet.

«Représenter ton pays... je ne peux même pas dire que j'y rêvais, a-t-il admis. C'était trop loin. Pour moi, c'est un accomplissement incroyable.»

Le pari irrationnel remporté par André Tourigny

Parfois, la vie fait bien les choses, comme le veut le dicton. À l’âge de 24 ans, André Tourigny a fait un important sacrifice pour obtenir un poste d'entraîneur dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ).

Véritable passionné, Tourigny couvrait la Mauricie à titre de dépisteur pour les Cataractes de Shawinigan lorsque sa chance est venue. L’entraîneur-chef de l’équipe, Denis Francoeur, souhaitait avoir un deuxième adjoint pour l’épauler.

Or, il n’était pas encore de coutume pour un pilote de la LHJMQ d’avoir plus d’un adjoint.

«Il n’y avait pas de budget, donc Denis m’a dit: "Regarde, on va te donner 1000$ pour l’année à temps partiel." Et j’ai dit: "Ok, j’accepte à une condition. Que je sois à temps plein." Ça, ç’a été ma première année dans le junior», a raconté Tourigny, de passage à l'émission «Dave Morissette en direct» de la chaîne TVA Sports, mercredi soir.

À ce moment, il n’était aucunement rationnel pour Tourigny d’accepter un salaire de crève-faim. Mais il aimait tout simplement trop le hockey.

«Ma femme était enceinte de jumeaux, a-t-il confié. Ça n’a aucun sens. Il n’y a aucune logique là-dedans. C’est ça, la passion.»

«F1, go there...»

Depuis, Tourigny a fait beaucoup de chemin, lui qui a occupé des postes d’entraîneur adjoint dans la Ligue nationale de hockey.

Celui qui dirige désormais les 67 d’Ottawa dans la Ligue de hockey junior de l’Ontario (OHL) a appris à ses dépens, au cours de son parcours, qu’il avait intérêt à maîtriser la langue de Shakespeare.

On remonte à 2005-2006. L’un des adjoints de Tourigny avec les Huskies de Rouyn-Noranda, Danny Dupont, a décidé de devenir l’entraîneur-chef des Lions du Lac St-Louis, dans le midget AAA.

Dupont, né à Philadelphie et bilingue, n’est donc plus là pour communiquer avec les joueurs anglophones de l’équipe...

«Je n’étais pas capable de faire une phrase [en anglais], a avoué Tourigny. C’était: "F1 [le premier joueur en échec avant dans le jargon hockey], go there." J’étais pas capable de mettre tout ça en ordre et eux autres devaient faire les liens.»

Heureusement, celui qu’on surnomme «Bear» a peaufiné son anglais à travers les années.

«Tout de suite, j’ai commencé à suivre des cours et j’ai commencé à "coacher" en anglais. Cette année-là, j’ai gagné le titre d’entraîneur de l’année dans la "Q" et j’ai toujours dit que c’est parce que les gars ne comprenaient pas ce que je leur demandais que ça fonctionnait!», a rigolé le sympathique entraîneur.