/opinion/columnists
Navigation

Les dommages liés au confinement

Civid-19 St-Hubert
Photo Chantal Poirier

Coup d'oeil sur cet article

La prolongation des mesures en zone rouge réactive la tentation de certains de crier au scandale. On entend plusieurs analyses des impacts de ces mesures, parfois basées sur des comparaisons boiteuses. On compare la vie difficile sous les restrictions avec la vie normale d’avant la COVID-19, sans restrictions, et sans virus.

Une comparaison absurde mène à des conclusions absurdes. Évidemment, cela permet à tous ceux qui sont frustrés, découragés ou démoralisés par la situation actuelle de se défouler. Cela permet de trouver un coupable facile : le gouvernement. « Le gouvernement est fou et il détruit nos vies ! » Que voilà un constat facile et tentant !

Comprenez-moi : il est normal que des spécialistes de toutes sortes se penchent sur les effets, dans la vie des gens, des mesures douloureuses imposées par la COVID-19. L’effet sur la santé mentale, l’effet sur l’économie, l’effet sur les enfants ou les aînés, nous devons essayer de mesurer ce qui arrive.

Mais pour faire un travail sérieux, si l’on veut comparer la vie sous restrictions, il faut la comparer avec ce que serait notre vie en laissant aller le virus. Il faut comparer avec la vie dans une réalité où le Québec compterait quelques milliers de nouveaux cas de COVID-19 chaque jour, avec des hôpitaux et des soins intensifs débordés. Sans parler des décès.

Santé mentale

Par exemple, si l’on veut aborder la question de la santé mentale, il n’y a aucun doute que les mesures imposées en zone rouge ont un impact. L’isolement, l’inquiétude, le manque d’activités pèsent lourd pour certains.

Mais en présence d’une pandémie hors contrôle d’un virus potentiellement mortel, est-ce que quelqu’un pense sérieusement que le moral des troupes serait au mieux ? Nous aurions moins de gens isolés, mais plus de gens angoissés. Moins de gens qui s’ennuient, plus de gens qui vivent un deuil.

La détresse psychologique, l’angoisse et le sentiment d’impuissance seront déplacés et non éliminés. À un certain point, l’état des hôpitaux finira par créer de l’angoisse pour tous ceux qui ont besoin de leurs services. Le personnel de la santé vivra l’enfer, certains fuiront les lieux.

Et on aura beau dire qu’il faut tout garder ouvert, que fera-t-on avec les écoles si trop d’enseignants refusent de se présenter ? Devant une flambée des cas hors contrôle dans la société, on imagine la situation dans les écoles.

Même chose pour l’économie. Quelqu’un croit vraiment que dans une flambée des cas, les restaurants seraient pleins ? Les commerces vivraient la vie en rose parce qu’ils auraient le droit d’ouvrir ? Les employés et les clients très inquiets mettraient en péril la vie des entreprises.

Équilibre recherché

Les fermetures forcées sont un dernier recours. Le défi consiste à trouver le juste équilibre qui permettra à un maximum d’activités régulières d’avoir lieu grâce à des procédures exemplaires, sans provoquer d’éclosions.

En se rappelant que ce ne sont pas les mesures sanitaires qui causent des dommages, c’est la COVID-19. Le reste, ce sont nos essais-erreurs pour vivre avec.