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Confession d’un fédéraliste

Referendum 1995
Photo d'archives Le 25e anniversaire est une occasion de se souvenir, mais également de réfléchir à la redéfinition du projet pour évaluer comment il peut être pertinent en 2020.

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Certains tentent de me faire croire que l’idée de l’indépendance est dépassée. Je ne les crois pas, parce qu’un idéal ne meurt jamais.

Le contexte peut ne pas être propice, mais l’idée que le Québec forme un pays est une option politique tout à fait légitime.

Bien que l’issue du référendum de 1995 ait été satisfaisante pour les fédéralistes, dont je suis, reste qu’il faut admettre que certains individus et groupes cherchant à promouvoir leur option ont sciemment décidé de ne pas respecter les règles établies.

Sachant que les Québécoises et les Québécois se sont donné un terrain de jeu démocratique pour décider de leur propre destinée, il restera toujours inacceptable à mes yeux que des gens provenant de l’extérieur du Québec soient venus à Montréal, à grands frais, pour tenter d’influencer le cours de la campagne référendaire. 

Certains fédéralistes vous diront que le résultat aurait sûrement été le même et que le camp du OUI a aussi brisé certaines règles. Peut-être, mais au-delà de toutes les raisons possibles, je suis d’abord et avant tout un démocrate qui croit que la parole donnée doit être respectée.

  • Écoutez la chronique d'Harold Fortin sur QUB radio:

Mon 30 octobre 1995

Je me souviens que ma mère soutenait l’option du NON et mon père ne partageait pas ses états d’âme sur la question. Pour lui, le vote était un geste personnel et confidentiel.

Durant cet automne de mes 15 ans, des camarades de classe portaient fièrement un drapeau du Québec sur leur sac à dos. À cette époque, je n’étais pas intéressé à la politique et je regardais, comme plusieurs de mon âge, l’autobus du débat référendaire passer devant moi.

Quand même paradoxal de constater que j’ai consacré, plus tard, presque près de 15 ans de ma vie à la politique.

Referendum 1995
Photo d'archives

L’argent et le vote ethnique

Le soir du référendum, outre le fait que le NON avait remporté une victoire serrée, je me souviens des mots du premier ministre Jacques Parizeau. J’avais même demandé à mes parents s’ils se sentaient visés par ses commentaires.

Silence radio. Ils ne m’ont jamais répondu, mais jugeaient que le ton de M. Parizeau n’était pas à la hauteur du moment et du message qu’il tentait de livrer.

Cette soirée a piqué ma curiosité pour la mauvaise raison et m’a repoussé de l’option. Malgré cela, je comprends le sentiment d’injustice ressenti par le camp souverainiste.

Retour vers le futur

Le nouveau chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, aura fort à faire pour ramener le Québec dans un débat aussi passionné sur le sujet. Sa contribution sera d’adapter le projet de pays à la réalité de notre époque.

Son approche n’est pas seulement liée à la défense des intérêts de sa formation politique. Le titre de son livre est assez évocateur : Rebâtir le camp du OUI !

On verra si l’exécution sera aussi limpide que le plan de match.