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Donald Trump en route pour une victoire convaincante?

Donald Trump en route pour une victoire convaincante?
Photo AFP

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Je suis de ceux qui croient que Joe Biden sera élu à la fin de l’exercice démocratique de 2020. Plusieurs indicateurs pointent également vers une victoire nette qui s’accompagnerait d’une nouvelle majorité démocrate au Sénat.

Comme plusieurs autres commentateurs ou analystes, je cherche malgré tout à envisager tous les scénarios, ne serait-ce que pour ne pas échapper un indice d’une surprise potentielle. C’est donc avec un grand intérêt que je me suis penché sur la réflexion de Jonathan Jakubowski et Christos A. Makridis relayée sur le site de The Hill.

Les deux auteurs, généralement plus près des républicains (Jakubowski préside un regroupement républicain de l’Ohio) que des démocrates, nous mettent en garde contre les sondages qui vont presque tous dans la même direction.

Ils ne se contentent pas d’évoquer la surprise de 2016 et remettent en question la manière de procéder des sondeurs pour en faire ressortir trois principales lacunes. L’expertise de Makridis, chercheur et conseiller pour Gallup, sert bien leurs propos et leur confère de la crédibilité.

La première faiblesse réside dans la conception des questionnaires auxquels on soumet les participants. Les questions seraient formulées de manière à orienter les réponses. En procédant de la sorte, on produirait des résultats souhaités ou encouragés par certains sondeurs.

Si vous avez déjà conçu ou participé à un sondage, vous avez sans doute déjà remarqué l’importance de la formulation d’une question. Élaborer un questionnaire le plus neutre possible est un art que tous ne maîtrisent pas. Comme une majorité de répondants n’aiment pas la confrontation, ils ont tendance à offrir des réponses plus acceptables socialement.

Autre lacune non négligeable: bien des électeurs ne font plus confiance aux maisons de sondage, principalement ceux qui appuient le duo Trump-Pence. Le bassin réduit de répondants favoriserait donc dès le départ un biais qui avantagerait les démocrates. Les auteurs considèrent donc que même la fameuse marge d’erreur ne serait pas fiable.

Jakubowski et Makridis attirent ensuite notre attention vers une dernière faiblesse. Les sondages sont grandement influencés par le cycle des nouvelles. Lorsqu’une majorité de ces sondages sont effectués alors qu’on pilonne un sujet défavorable à l’administration, les résultats le reflètent, limitant ainsi la portée de cet exercice dans le temps. Il suffirait par exemple d’une ou deux bonnes nouvelles sur le plan économique pour modifier les résultats actuels.

Si je prends note des lacunes relevées ici, je précise, en terminant, qu’elles ne sont pas nouvelles et qu’elles sont connues de la grande majorité des sondeurs. Bien des correctifs ont été apportés depuis 2016. Non seulement a-t-on travaillé la représentativité des échantillons, mais on a également multiplié les sondages dans des circonscriptions pratiquement ignorées il y a quatre ans.

Les sondages de 2020 font aussi ressortir des données que les républicains ne peuvent ignorer. Joe Biden fait des gains significatifs dans des bastions républicains et plusieurs segments de la population se mobilisent en faveur du candidat démocrate. On s’attend à ce que plus de jeunes, de femmes, de représentants des minorités et de personnes âgées se déplacent et encouragent l’ancien vice-président.

La participation record au vote par anticipation ou au vote par la poste semble confirmer cette tendance. S’il y a encore un avantage certain pour les républicains, c’est qu’ils sont parvenus à inscrire plus de nouveaux électeurs sur les listes électorales. Difficile, pour les sondeurs, de mesurer l’effet de ces nouvelles inscriptions, mais elles pourraient faire pencher la balance à certains endroits.