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Le bilan économique mixte des années Trump

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Pour justifier sa réélection, le président vante son bilan économique, mais la réalité est beaucoup moins éclatante que l’image qu’il en projette.

Donald Trump répète constamment qu’il a hérité d’une économie moribonde et en a fait la meilleure économie de tous les temps avant que la pandémie y mette un frein. Il se vante aussi que la reprise en cours est infiniment plus rapide que celle qui a suivi la récession de 2007-2009 et que l’économie américaine est aujourd’hui plus forte que jamais. 

C’est un peu fort. Si le bilan économique de l’ère Trump n’est pas uniformément mauvais, il ne justifie pas de telles hyperboles.

Quelques comparaisons

L’économie américaine n’était pas en perdition quand Donald Trump est arrivé au pouvoir. Sur plusieurs indicateurs, la performance de l’économie américaine lors des trois premières années de Trump était comparable à celle des trois dernières années d’Obama.

La croissance annuelle du PIB réel a été en moyenne de 2,5 % de 2017 à 2019 ; elle était de 2,4 % de 2014 à 2016. Si le chômage a atteint des taux historiquement bas avant la pandémie, cette chute durait depuis 2010. La croissance de l’emploi des 36 derniers mois d’Obama (224 000 emplois par mois en moyenne) dépassait celle des 36 premiers mois de Trump (183 000). Plusieurs indicateurs ont bien performé pendant les trois premières années de Trump, dont la moyenne des salaires horaires et le revenu médian des ménages, mais les progrès n’ont pas été spectaculaires.

Une reprise record ?

Donald Trump aime se vanter que, après le creux du printemps dernier, l’économie américaine bat des records de croissance. Il n’hésite pas à s’approprier le crédit pour ce rebond et surtout à le comparer favorablement à la lente reprise menée par Obama en 2009 et 2010.

Cette comparaison ne tient pas la route. Le rebond récent vient de mises à pied temporaires de postes qui n’ont pas disparu. La grande récession de 2007-2009 résultait d’une crise financière d’une ampleur jamais vue depuis les années 1930. Aussi, la reprise aurait été moins lente après 2010 si les républicains du Congrès n’avaient pas systématiquement bloqué toutes les initiatives de relance.

À quel coût ?

La performance de l’économie américaine sous la gouverne de Donald Trump et avant la pandémie n’a pas été si mauvaise que ça, mais à quel coût ?

La déréglementation poussée par l’administration Trump a profité aux entreprises, mais elle a affaibli la capacité du gouvernement de protéger les consommateurs, de prévenir de nouvelles crises financières et de prévenir les coûts à long terme de la dégradation de l’environnement.

La réforme fiscale de 2017 n’a entraîné qu’une modeste stimulation de l’économie, mais elle a redistribué des montants astronomiques vers les plus fortunés et accentué les inégalités de revenus, tout en réduisant la marge de manœuvre fiscale de l’État. 

Surtout, l’échec monumental de l’administration Trump dans la gestion de la pandémie retardera la relance et hypothéquera l’économie américaine pour longtemps. Les électeurs américains en sont conscients et ils le feront savoir mardi.