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L'Hôtel Place Dupuis converti en refuge pour itinérants

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Joël Lemay / Agence QMI

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L'Hôtel Place Dupuis, au centre-ville de Montréal, sera converti en refuge pour itinérants cet hiver.

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Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, en a fait l’annonce jeudi après-midi, dans la métropole, tout en présentant son plan hivernal de lutte à l’itinérance en présence de la mairesse de Montréal, Valérie Plante.

Cette approche qualifiée d’audacieuse par M. Carmant va permettre l’ajout de 700 places supplémentaires par rapport à l’an dernier pour les personnes en situation d’itinérance. «C’est plus qu’un effort de solidarité pour ces personnes, il s’agit d’un devoir collectif», a-t-il dit.

L’Hôtel Place Dupuis, voisin de la station de métro Berri-UQAM, sera mis à profit pour héberger des personnes qui n’ont pas de toit durant la saison froide. L’endroit comptera 380 places, et c’est un total de 1650 places à travers la ville qui seront à la disposition des itinérants cet hiver. Le plan sera graduellement mis en marche dès le 1er novembre et s’étalera jusqu’au 31 mars 2021.

«L’hiver s’en vient, il faut trouver des solutions, a mentionné Mme Plante. Il ne faut pas laisser personne derrière et à se retrouver à dormir au grand froid.»

Le Grand Quai du Port de Montréal servira aussi de centre de jour avec un service d’aide alimentaire où 300 personnes pourront aller se réfugier. Neuf haltes-chaleur seront disponibles dans différents secteurs de l’île. Des autobus de la Société de transport de Montréal (STM) seront aussi mis à contribution pour déplacer des personnes vers les différents services offerts.

Mesures temporaires

Pour le président-directeur général de Mission Bon Accueil, Sam Watts, la pandémie de COVID-19 offre une opportunité aux différents intervenants. «Des mesures temporaires sont des mesures temporaires. On devrait peut-être prendre l’opportunité de la pandémie pour repenser la façon dont on fait certaines des choses», a-t-il mentionné.

La mairesse Plante abonde dans le même sens en disant que des solutions permanentes sont nécessaires.

«Quand une crise frappe, ce sont souvent les plus vulnérables qui sont affectés. Je nous invite collectivement à réfléchir à ce qui doit être mis en place pour changer de paradigme. Il est peut-être le temps d’avoir des discussions plus larges», a-t-elle précisé.

L’opposition satisfaite, mais...

L’opposition à l'hôtel de ville voit l’annonce de jeudi comme une bonne nouvelle, mais reste inquiète à savoir si ces mesures seront suffisantes.

« Pourquoi la mairesse a-t-elle attendu une baisse de température avant d’agir? [...] Même si elle parle d’accompagnement, la lecture que j’en fais, c’est que les campeurs seront délogés, par la force s’il le faut, dès qu’il fera trop froid », s'inquiète le porte-parole en matière d’itinérance à l’opposition officielle, Benoît Langevin. 

Il espère aussi qu’une solution permanente sera trouvée pour loger les personnes qui vivent dans une situation précaire d’ici le 31 mars prochain.

Rappelons que la crise du logement, couplée à la pandémie, a amplifié les problématiques d’itinérance cette année. Des campements ont été érigés à quelques endroits dans la ville; l’un d’entre eux compte des dizaines de tentes et est situé en bordure de la rue Notre-Dame Est, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve.

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