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Pandémie: crainte d’une hausse des suicides au pays

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La crise sanitaire engendrée par la pandémie de COVID-19 pourrait avoir des conséquences directes sur le suicide au Québec, selon une recension et analyse des écrits scientifiques à ce sujet menée par l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ).

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La crise actuelle pourrait notamment aggraver les facteurs de risque reconnus comme pouvant mener au suicide : consommation d’alcool, isolement, violence conjugale, troubles du sommeil et expositions répétée et constante aux médias et aux récits fatalistes.

Des études relevées par l’INSPQ rapportent entre autres qu’une augmentation de l’abus d’alcool peut engendrer des comportements suicidaires. La fermeture de bars et des restaurants pourrait aussi aggraver les habitudes de consommation d’alcool en solitaire à domicile.

Les pertes d’emploi en raison de la crise sanitaire, le chômage, les dettes peuvent également accroître le sentiment de perte de contrôle et conduire à des comportements suicidaires, indique l’INSPQ.

Les problèmes de sommeil font aussi partie des facteurs de risque.

«Le stress induit par la pandémie peut générer des perturbations importantes des rythmes biologiques et du sommeil. Les anomalies du sommeil sont un facteur de risque direct des comportements suicidaires», rapporte l’INSPQ. Selon des chercheurs en médecine du sommeil, les personnes qui présentent des troubles du sommeil, qu’elles soient traitées ou non en psychiatrie, doivent être évaluées.

De nombreux groupes dans la société québécoise sont concernés, notamment les personnes qui cumulaient des facteurs de risque avant la pandémie.

Les personnes âgées en raison de leur isolement, les enfants et adolescents en raison de difficultés familiales, les professionnels de la santé en raison de la nature de leur travail, les communautés rurales, déjà exposées à plus de facteurs de risque, et les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale seraient plus vulnérables quant au suicide en temps de pandémie.

Une étude canadienne de modélisation rapporte des chiffres inquiétants quant au nombre de suicides pour les années 2020-2021.

Selon les données, il pourrait y avoir au pays un excès de suicide chez les personnes de 15 ans et plus (entre 418 et 2 214 cas supplémentaires) en raison de la pandémie et des pertes d’emplois causées par cette dernière.

«Les chercheurs de cette étude soulignent que la prévention du suicide dans un contexte de chômage lié à la COVID-19 devrait être une priorité gouvernementale», a rapporté l’INSPQ.

Bien que la pandémie et ses effets sont des phénomènes récents, l’INSPQ et les chercheurs entrevoient des effets à très long terme.

«La morbidité et la mortalité résultant de l’éclosion de la COVID-19 mobilisent actuellement l’attention, mais les impacts de la pandémie sur les comportements suicidaires à court, moyen et long terme devraient aussi être préoccupants. Dans l’immédiat, le maintien du soutien social et économique ainsi que l’accès à des services en santé mentale sont primordiaux pour atténuer les effets aigus de la crise. Une stratégie de prévention du suicide et de promotion de la santé mentale sur plusieurs années est à prévoir pour prévenir les conséquences psychosociales néfastes déjà observées et qui pourraient se manifester même après la pandémie», a conclut l’INSPQ.

L’Institut considère que le maintien de services spécialisés en psychiatrie et en santé mentale est essentiel en temps de crise.

Consultez l’étude intégrale ici.

SI VOUS AVEZ BESOIN D’AIDE 

Ligne québécoise de prévention du suicide 

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