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Trudeau n’est pas Charlie

Trudeau
Capture d'écran, TVA Nouvelles Justin Trudeau

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A-t-on le droit, au nom de la liberté d’expression, de se moquer de la religion ou de caricaturer le prophète musulman Mahomet ?

Justin Trudeau ne semble pas en être convaincu.

Le premier ministre refuse en tout cas de s’exprimer clairement sur la question, comme c’est souvent le cas lorsqu’il est invité à parler de sujets délicats.

Le débat a été relancé après la sauvage décapitation du professeur Samuel Paty, dans la région parisienne, le 16 octobre dernier. 

L’enseignant de 47 ans a été tué par un jeune réfugié d’origine russe tchétchène de 18 ans, parce qu’il a montré des caricatures de Mahomet durant des cours sur la liberté d’expression.

Attentats

Hier, la France a été la cible d’un troisième attentat islamiste en un mois. 

Invité à s’exprimer sur la notion de liberté d’expression, en marge d’un sommet virtuel avec l’Union européenne, Justin Trudeau a esquivé le sujet. Il a préféré condamner les actes terroristes et appeler la population à ne pas faire d’amalgame entre les criminels et les musulmans en général. 

Une réponse, en soi, censée, mais qui n’aborde pas l’essentiel. Les deux leaders européens qui ont été questionnés sur le même sujet sont demeurés prudents, mais ont eu le courage de répondre plus directement.

« La liberté d’expression est une valeur fondamentale pour nos démocraties », a offert le président du Conseil européen, Charles Michel.

Solidaire ?

La réaction de Justin Trudeau tranche avec celle du président français, Emmanuel Macron, qui subit les foudres du monde musulman parce qu’il défend la liberté de caricaturer le prophète Mahomet. 

Pour Macron, la France ne doit pas céder un pouce sur ses valeurs.

Le président ne doit visiblement pas compter sur notre premier ministre pour l’aider à se défendre, comme l’a fait la chancelière allemande, Angela Merkel. 

Justin Trudeau cherche généralement l’harmonie. Il n’est pas le genre à faire des vagues en prenant des positions tranchées ou controversées. 

En certaines occasions, cela lui sert bien, comme avec Donald Trump. Mais dans ce cas-ci, Macron pourrait-il lui en vouloir de l’abandonner à son sort ? 

Justin Trudeau est aussi sans doute soucieux de ne pas froisser son électorat musulman. Ce ne serait pas la première fois que la politique interne prend le dessus sur nos relations internationales.

Le débat autour des caricatures de Mahomet polarise depuis qu’elles ont été publiées en 2006 par le journal danois Jyllands-Posten. À l’époque, peu de médias avaient repris les dessins. L’attentat qui a décimé la rédaction de Charlie Hebdo en 2015 a changé la donne.

Le PLC de Trudeau avait à ce moment-là publié un communiqué qui se terminait ainsi : « Nous ne laisserons pas ces menaces nous définir. Nous marcherons ensemble, jamais séparés. »

Une promesse que Justin Trudeau est en train de renier.