/opinion/columnists
Navigation

La leçon des gyms

Pro Gym
Photo Martin Chevalier La majorité silencieuse suit les directives de santé publique et s’impatiente devant l’irresponsabilité.

Coup d'oeil sur cet article

En peu de temps, tout s’est dégonflé. Une partie des supposés membres de la coalition ont reculé, constatant la fermeté du gouvernement et en mesurant le faible appui du public. À part des originaux isolés, le mouvement de désobéissance civile a été abandonné.

Pour sauver la face, on a finalement choisi d’inviter les clients à des manifestations devant les centres. On a pu compter les protestataires sur les doigts de la main.

Entrepreneurs respectables

Loin de moi l’idée de vouloir humilier et dénigrer les propriétaires de tels établissements. La plupart sont de vaillants investisseurs, qui croient à leur mission et veulent le mieux pour leur clientèle. Leur prétention de contribuer à la santé est fondée et le gouvernement le sait.

Je comprends aussi leur détresse. Ce qu’on vit cogne dur pour tout le monde. Imaginez pour ceux qui se voient forcés de fermer les portes de leur commerce, qui perdent de l’argent. C’est encore plus frustrant lorsqu’on inclut dans l’équation les efforts qu’ils ont déployés pour adapter leurs installations aux règles sanitaires.

Sauf que... on a beau les respecter, les aimer et les prendre en pitié, lancer un mouvement de désobéissance dans cette période, ce n’était pas un coup de génie. Cette proposition aurait dû être tuée dans l’œuf puisqu’elle n’avait aucune chance de succès. Une idée pas logique, pas sympathique et pas appuyée ne pouvait qu’attirer du discrédit sur les propriétaires de gyms.

Patience réduite

L’échec de ce mouvement de contestation nous a quand même amenés à une prise de conscience. La majorité silencieuse, ce 80 % des gens qui se conforment aux règles sanitaires, commence à montrer vraiment moins de patience.

Le fusible est court face à tout ce qui s’appelle comportement irresponsable. Au printemps, les gens qui posaient des gestes inutilement risqués faisaient soupirer. Mais ils avaient l’excuse que tout cela était bien nouveau et qu’il fallait s’adapter.  

Aujourd’hui, le comportement à risque sera jugé irresponsable et la majorité silencieuse s’attend à plus qu’un simple avertissement. L’idée de sanctions sévères gagne du terrain.  

Ceux qui multiplient les sacrifices pour freiner une propagation s’atten-dent à des conséquences pour les autres qui trichent. Ceux qui prient pour voir les chiffres baisser jour après jour veulent sentir que ceux qui tirent en sens inverse vont payer un prix.

Les Québécois prennent de plus en plus conscience du prix élevé associé aux comportements à risque. Le virus est très contagieux et bien traître. Bon nombre des nouvelles infections frappent des gens qui respectent les mesures de façon générale, mais qui payent pour une toute petite imprudence.

Dans ce contexte, ceux qui le font exprès, ceux qui jouent avec le feu, ont perdu toute sympathie.

Il fallait avoir mal compris l’opinion publique pour penser gagner le pari de la désobéissance cette semaine.