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L’art de la promotion avec Régis

Combat Stéphane Ouellet / Joachim Alcine
Photo d'archives Le promoteur Régis Lévesque attisant les flammes lors de la conférence de presse annonçant le combat entre Stéphane Ouellet (à gauche) et Joachim Alcine (à droite), sous le regard d’Yvon Michel en 2004.

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« Deux locals, un Blanc, un Noir... » Cette phrase est une des plus célèbres de Régis Lévesque. À moins qu’elle ne soit de Michel Beaudry imitant Régis, c’est pareil... Toute sa vie, le seul filtre que Régis ait toléré, c’est celui
de sa cigarette. Ça faisait son magnétisme, son charme. Régis avait une immunité de tout dire qui était rafraîchissant.

C’est le plus actif promoteur de boxe de l’histoire du Québec qui nous a quittés tout doucement mardi soir, dans les bras de sa fille Annie. Le plus actif et certainement le plus grand. Le seul qui ne s’est pas enrichi grâce à ses promotions fabuleuses et son matchmaking extraordinaire. Régis préférait déverser le fric dans les poches de tout le monde autour de lui, à commencer par les boxeurs. Régis empruntait pour mieux gâter ses p’tits gars.  

Invraisemblable, mais en 2004, il était parvenu à me convaincre que Stéphane Ouellet était dans la meilleure forme de sa carrière en vue de son combat face à Joachin Alcine. Du Régis à pleines pages dans ce Journal, des textes enflammés tournant tous autour du poids de Ouellet. 

Fallait bien justifier la « meilleure forme de sa carrière ». 

Entraînement à l’Hippodrome

Après un entraînement public au bureau de Régis, c’est-à-dire à l’Hippodrome de Montréal, le poète de Jonquière est monté dans le ring du Centre Molson à 33 ans, amaigri, les joues creuses et après une pause professionnelle de trois ans et demi.  

Soixante-quatre petites secondes plus tard, le nez pété et ensanglanté, Ouellet tombait, honteux, sous les coups incisifs et puissants d’Alcine. Un résultat hautement prévisible que tous étaient parvenus à ignorer grâce à la redoutable force de persuasion de Régis. Tous sauf peut-être quelques parieurs avertis, mais ça, c’est une autre histoire...

Réunir au 91,9 Sports Régis Lévesque, Ti-Guy Émond et Claude Poirier en table ronde demeurera pour moi un moment inoubliable. 

Constater l’inclinaison en respect des légendes Émond et Poirier devant Régis m’avait interpellé et étonné. Régis a toujours donné et pris soin de tout le monde autour de lui.

Prendre soin. Faire don de soi. Voilà ce qu’Annie, la fille de Régis, a choisi de faire il y a six mois. Cette vaillante femme est demeurée au chevet de son papa jusqu’à son dernier souffle, lui préparant du « bon manger » et lui permettant de respirer le bon air et la nicotine autant qu’il le voulait. Dans un de ses derniers moments de lucidité, Régis aura célébré la fête de son petit-fils de 12 ans pour la première fois il y a à peine deux semaines. Paraît aussi que son dernier mot à l’infirmière traitante fut « Tabarnak », êtes-vous surpris ?

Une gageure ?

Une gageure en terminant ? Suis certain que Ti-Guy Émond s’est assuré de donner congé à saint Pierre, afin qu’en arrivant en haut, Régis puisse prendre le contrôle des opérations. À partir de maintenant, il ne manquera pas de smoked meat au ciel, puis les « pay per view » vont être gratis pour les chums de Régis.  

Coup de cœur 

À Antoine Roussel des Canucks de Vancouver. Je ne suis pas objectif puisqu’il est collaborateur régulier à la quotidienne JiC sur les ondes de TVA Sports, mais la franchise de ce joueur d’origine française qui a adopté le Saguenay, autant que l’inverse, est rafraîchissante. Antoine dit ce qu’il pense, son propos est lucide et éclairant. Notre écosystème médiatique sportif a besoin de plus d’Antoine Roussel. 

Coup de gueule 

À Justin Turner. Le 3e but aux allures de Hobbit des Dodgers de Los Angeles a défié les règles sanitaires du baseball majeur en revenant sur le terrain pour les célébrations de la Série mondiale avec ses coéquipiers, leurs familles, les médias et les officiels de la MLB. Turner est désormais joueur autonome. Dans une société normalement constituée, même les Capitales de Québec ne lui offriraient pas de contrat. Mais hélas... 

Un p’tit 2 sur... 

Une saison de 25 buts minimum pour Alex Galchenyuk avec les Sénateurs d’Ottawa. Même s’il s’agit d’une curieuse signature, le turbulent attaquant aura toutes les opportunités de garnir sa fiche personnelle tout en préparant son contrat suivant. Un petit million, Pierre Dorion ne peut pas perdre au change. Malgré tout, je suis convaincu qu’il n’offrira pas de contrat additionnel à Galchenyuk dans un an.