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«Mon (jeune) amant français» de Josée Blanchette: la cinquantaine sans complexes

Josée Blanchette
Photo Dominique Lafond

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Chroniqueuse depuis plus de 30 ans au quotidien Le Devoir, Josée Blanchette s’est inspirée de sa propre expérience et de celles de femmes de son entourage pour écrire un premier roman sexy, décomplexé, sur l’amour après 50 ans : Mon (jeune) amant français. Brisant un tabou, elle dépeint le réveil amoureux d’une femme longtemps éteinte, grâce aux bons soins d’un amant qui a la moitié de son âge. 

L’univers de Jeanne, une quinquagénaire bien casée, s’effondre lorsqu’elle apprend que son mari médecin la quitte pour une jeune résidente. Après 15 ans d’un mariage-éteignoir. Pour qu’elle se relève du drame, son amie psychiatre lui prescrit trois choses : sexe, champagne et sérotonine.

Au cours d’une soirée de danse swing, Jeanne rencontre un jeune expat français beaucoup plus jeune qu’elle... un homme intéressant, spirituel, plein d’énergie et très intéressé à la séduire jusqu’à l’os. Oubliant les tabous et la gêne, Jeanne se lance dans une aventure qui lui en fera voir de toutes les couleurs. 

Josée Blanchette a choisi de s’attaquer à un tabou tenace pour écrire un premier roman réjouissant, intelligent, charnel : l’idée reçue qu’après la quarantaine, les femmes ne valent plus grand-chose sur le plan amoureux. Écho d’une révolution qui se dessine dans notre société? «C’est un roman sex, drugs and swing!» commente-t-elle d’entrée de jeu.

Elle a été étonnée de voir à quel point les femmes quinquagénaires changeaient autour d’elle, et comment elles ne voulaient plus porter ce rôle. «J’ai des amies quinquagénaires qui sont grand-mères aussi, on s’entend, et qui ont bien du fun à pouponner des bébés. Mais c’est pas tout le monde, et il y a toutes sortes de modèles.»

Une rencontre

Une rencontre a servi de petite étincelle pour l’écriture romanesque. «En allant danser, j’ai rencontré un jeune amant français. J’ai vu qu’il y avait plein de jeunes hommes après moi et jamais je n’aurais pu penser ça! Et je n’étais pas la seule. C’est arrivé à mes amies. Mais je ne pensais jamais que ça allait m’arriver.»

Autour d’elle, elle a constaté un phénomène. «Je n’aime pas appeler ça des cougars parce que dans le cas de Jeanne, c’est pas elle qui part à la chasse. Le mot cougar, c’est très prédateur. C’est elle qui se fait solliciter. Et j’ai vu que les gens – de tout âge – avaient des aventures et que c’était pas seulement réservé aux gars.»

Elle a observé que certaines femmes «butinaient» avec des jeunes hommes après une séparation. «Il y en a qui se sentaient coupables... et d’autres qui me disent : “je ne pourrais pas”. Bon. Tu pourrais pas... jusqu’à tant que ça t’arrive, t’sé!»

Le roman est basé sur «la vraie vie, une réflexion, l’imaginaire», ajoute-t-elle. «Il y a une partie fictionnelle. Les seules vérités dans ce roman-là, ce sont les scènes érotiques!»


  • Josée Blanchette est chroniqueuse au quotidien Le Devoir depuis plus de 30 ans.   
  • Elle est également présente à la radio et à la télévision.   
  • Elle a publié des essais, des recueils de chroniques, des guides gourmands.   
  • Elle a reçu les prix Jules-Fournier (1999) et Judith-Jasmin (Opinion, 2014).