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Requiem pour un glacier

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Il était une fois un beau, grand et fort glacier... On l’admirait, on venait le voir de très loin pour photographier sa stature exceptionnelle. Aujourd’hui, hélas, il a sombré dans les abîmes de l’océan. Ainsi pourrait commencer cet ouvrage un peu bavard – on passe de la fonte des glaciers au shah d’Iran, du Dalaï-Lama à Andy Warhol, et de la protection des crocodiles à la sixième extinction de masse de la faune sauvage – mais nécessaire, qui nous interpelle sur l’urgence d’agir maintenant en matière d’environnement tout en nous initiant à la mythologie scandinave. 

L’ouvrage d’Andri Snaer Magnason, d’origine islandaise, est préfacé par le collectif Les mères au front qui s’est manifesté récemment au Québec en lançant un cri du cœur pour sauver la planète Terre. D’ici cent ans, prédit l’auteur, comme tant d’autres l’ont fait avant lui, dont la jeune activiste Greta Thunberg, notre habitat sera transformé de fond en comble. « Les glaciers situés en dehors des zones polaires vont fondre en grande partie, le niveau des océans va s’élever, les températures vont augmenter, entraînant des sécheresses et des inondations. Le degré d’acidité des océans va atteindre un niveau inégalé depuis cinquante millions d’années. » Tout cela en raison des activités humaines et non pas d’un fatalisme programmé.

<strong><em>Du temps et de l’eau Requiem pour un glacier</em></strong><br>Andri Snaer Magnason<br>Éditions XYZ
Photo courtoisie
Du temps et de l’eau Requiem pour un glacier
Andri Snaer Magnason
Éditions XYZ

Magnason, qui est écrivain et conférencier sur les questions environnementales, raconte comment son pays a été transformé et dévasté par ces industries spoliatrices et énergivores, comme celle de l’aluminium, par exemple. Ces millions de cannettes que l’on jette à la poubelle, si elles étaient recyclées, épargneraient la construction de trois ou quatre usines, dit-il. Tous ces espaces vierges, inhabités, peuvent servir à autre chose qu’à l’exploitation minière. S’il faut absolument rentabiliser ces espaces – car tout doit être fait en fonction de la rentabilité, malheureusement –, pourquoi ne pas en faire des réserves naturelles où les touristes viendraient s’y ressourcer et communier avec la nature, propose-t-il ? La nature peut être autre chose qu’une ressource à exploiter.

À l’aube des années 2000, l’Islande connut sa période de gloire. « Nous battions le record du monde de voitures par habitant, le record de télévisions, d’avions, de chalutiers, et nos usines étaient de loin les plus productives en aluminium. » Mais à quel prix ? se demande-t-il. On a construit d’immenses barrages, noyant et ensevelissant la beauté du monde.

Le pire est à craindre

Les spécialistes ont beau multiplier les rapports sur la catastrophe annoncée, on a beau lancer des cris du cœur et des mises en garde, rien n’y fait, l’humanité poursuit sa course effrénée comme si tous les jours étaient « Boxing Day ». L’interdiction des pailles et le tri du plastique ne suffisent plus, il faut des mesures plus significatives pour éviter l’apocalypse. Les lanceurs d’alerte sont devenus des Cassandre que personne n’écoute, déplore-t-il. Le message ne passe pas et les messagers se font souvent invectiver.

La fonte des glaciers est un facteur aggravant et elle ne se produit pas uniquement aux deux pôles, Nord et Sud, mais aussi au troisième pôle, sur la chaîne de l’Himalaya, où se trouvent les pays les plus densément peuplés de la planète, dont trois puissances nucléaires : l’Inde, le Pakistan et la Chine. L’eau de ces glaciers est essentielle aux populations et aux cultures. Le pire est à craindre si une telle source se tarit. Ainsi, le glacier Vatnajökull, qui occupe 10 % du territoire finlandais, a diminué de 10 % au cours du XXe siècle, augmentant d’un millimètre le niveau des océans. D’autres glaciers, plus petits, disparaîtront totalement d’ici 2050. 

La cause principale de ce désordre ? L’extraction du pétrole, qui a débuté il y a environ 160 ans. « Depuis, nous avons brûlé des centaines de milliards de tonnes de houille » qui ont dégagé dans l’atmosphère des tonnes de dioxyde de carbone. Si « les volcans terrestres émettent au total environ 200 millions de tonnes de CO2 par an, l’humanité en dégage 35 milliards sur la même période ! [...] Le plus dangereux de tous les volcans, c’est nous », de conclure l’auteur.

Dans combien de temps le pire est-il à craindre ? demande-t-on souvent aux spécialistes. Si la destruction se poursuit au même rythme, si nous continuons d’abuser des énergies fossiles, on parle de l’an 2100. C’est demain.  

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