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Un bon coup des Jackets

Yegor Chinakhov
Photo courtoisie, L'Avangard d’OMSK Aux dires de Bob Hartley, l’ailier Yegor Chinakhov possède un tir des poignets comparable à celui de Joe Sakic.

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Bob Hartley dirige l’ailier Yegor Chinakhov, un choix de 1er tour des Blue Jackets de Columbus.

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« Il était 5 h du matin en Russie quand les Blue Jackets l’ont repêché au premier tour. Je lui ai dit qu’il était pour passer à l’histoire. Yegor est probablement le seul jeune qui dormait quand il s’est fait repêcher au premier tour. »

Celui qui parle, c’est Bob Hartley, l’entraîneur en chef de l’Avangard d’Omsk dans la KHL. Celui qui dormait, c’est Yegor Chinakhov.

Les Blue Jackets ont prononcé le nom de Chinakhov avec leur premier choix au dernier repêchage de la LNH, la 21e sélection au total. Sur les ondes de TVA Sports et de Sportsnet, les analystes en studio cherchaient des choses à dire à son sujet. Ce choix semblait venir du champ gauche.

Âgé de 19 ans, donc à sa deuxième année d’admissibilité au repêchage, Chinakhov figurait au 30e rang sur la liste des meilleurs espoirs en Europe.

« Je lui avais téléphoné aussi le soir avant le repêchage, a mentionné Hartley. On ne savait pas quand il était pour sortir. Yegor avait marqué cinq buts à ses cinq derniers matchs avant le repêchage du 6 octobre. Je savais qu’il serait repêché, mais tu ne peux jamais prédire où. »

Un tir à la Sakic

Hartley a salué l’audace de Jarmo Kekalainen et des Blue Jackets.

« Yegor est une très bonne personne. C’est un bon jeune. Il veut apprendre. Il a aussi un bon gabarit à 6’1 et 190 lb. Je disais la même chose aux équipes qui me téléphonaient. C’est le gars avec le meilleur tir des poignets que j’ai coaché après Joe Sakic. Il lance la rondelle, c’est raide et précis. »

« Je n’ai aucun doute. Les Blue Jackets ont réussi un bon coup. C’est un jeune qui sait jouer au hockey. On est dans un monde où on parle juste des habiletés. Mais il n’y a pas seulement ça. Je ne suis pas un grand croyant de l’école des habiletés, habiletés et encore habiletés. Il faut aussi des jeunes avec du courage. Tu ne veux pas voir un jeune qui s’enfuit à trois coins de rue de l’aréna une fois que la porte de la zamboni se referme. »

« Yegor veut jouer au hockey, il joue de la bonne façon, a-t-il continué. Il est responsable. Comme tous les joueurs de hockey, il veut marquer des buts. Mais il a aussi une bonne intelligence hockey. Ce n’est pas un jeune qui finira avec 30 buts, mais avec un dossier de -20. Il y aura un équilibre. 

Malgré ses 19 ans, Chinakhov a déjà amassé 12 points (6 buts, 6 passes) en 18 matchs cette saison avec l’Avangard. 

Capitaine Emelin

Alexeï Emelin, l’ancien du CH, sert encore de capitaine pour l’Avangard.

« Emelin est un professionnel dans la force du mot, a affirmé Hartley. Il est le même gars qu’on voyait dans la LNH. Mais ici, il est chez lui, il est dans sa culture. Il se sent bien dans sa peau. Je l’ai beaucoup défié pour qu’il devienne plus volubile et expressif. La chambre de l’Avangard, c’est la chambre d’Alexeï. Il a du millage, il n’a pas joué des minutes faciles dans la LNH. Il a aussi traîné des blessures, mais il se donne encore corps et âme tous les soirs. »  

Une chance à Yakupov 

Premier de classe du repêchage de 2012 par les Oilers d’Edmonton, Nail Yakupov n’a pas connu une glorieuse carrière dans la LNH. Il n’y a joué que 350 matchs avec les Oilers, les Blues et l’Avalanche.

Maintenant âgé de 27 ans, Yakulov en est à une troisième saison dans la KHL. Et il porte les couleurs d’une troisième formation différente. Il a joué les deux dernières années avec le SKA de Saint-Pétersbourg.

Pour le début de l’année 2020-2021, l’ailier droit a fait une brève escale de 15 rencontres avec l’Amour de Khabarovsk, une équipe de la Sibérie orientale.

Le 20 octobre dernier, Yakupov a été échangé contre une somme d’argent à l’Avangard.

« J’aime toujours ça les cas mystérieux. Je me dis souvent qu’ils ont besoin d’une autre chance, a raconté Bob Hartley. J’ai parlé à des recruteurs, des coachs et des DG avant son arrivée avec nous. Je peux dire que je l’ai déshabillé d’un bout à l’autre. Il y avait deux constats qui ressortaient : Nail est une très bonne personne et un travaillant. »

« Pour moi, il s’agit des deux qualités principales que je recherche chez un joueur. Après ça, je dois faire ma job et soutirer le meilleur de lui. »

Un nouveau départ

À ses jours avec les Flames de Calgary (2012-2013 à 2015-2016), Hartley a affronté Yakupov qui faisait ses débuts avec les grands rivaux, les Oilers.

« Je le dis souvent à mes chums dans la vie : quand ça va mal, tu n’abandonnes pas, a souligné Hartley. J’ai appelé ça un reset (réinitialisation) pour Nail. C’est la même chose au hockey. Il doit oublier le passé. Je lui ai dit que je ne jugerai pas pour ses années à Edmonton, St. Louis ou au Colorado dans la LNH. Ou pour son temps dans la KHL. Je n’ai pas de temps à perdre avec ça. Je regarde en avant. »

« Mon message était simple : on commence à écrire notre livre, toi et moi, aujourd’hui. »

Pour l’instant, Hartley est heureux de l’ajout de l’ancien du Sting de Sarnia dans la OHL. Yakupov a marqué à ses deux premiers matchs avec l’Avangard. Il a toutefois été blanchi de la feuille de pointage à sa troisième sortie.