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Miser sur la forêt pour sortir du pétrole

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La pandémie a un impact sans précédent sur l’économie québécoise. Toutefois, à travers cette crise se présente l’occasion d’amorcer un véritable virage environnemental, et la revalorisation de notre forêt est un ingrédient essentiel à une reprise économique verte.

Dernièrement, une discussion s’est amorcée sur le financement public de l’industrie forestière au Québec. Nous saluons la contribution des chercheurs qui se sont penchés sur cet important secteur économique. Nous souhaitons cependant rectifier certaines conclusions malheureuses de l’étude de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS).

En effet, selon l’IRIS, il faudrait revoir le financement de l’industrie forestière sous prétexte que le secteur est en déclin. Nous croyons que c’est une fausse prémisse. L’industrie forestière est non seulement génératrice de 4,8 milliards $ en revenus et de 60 000 emplois au Québec, mais elle est un de nos meilleurs atouts pour lutter contre les changements climatiques.

La question n’est donc pas de savoir si nous devons soutenir l’industrie forestière, mais plutôt d’évaluer de quelle manière il est possible de revaloriser cette richesse.

Le bois est le seul matériau à pouvoir naturellement séquestrer le carbone, contribuant ainsi de manière significative à réduire la quantité de GES.

Par exemple, dans le domaine de la construction, le remplacement d’un mètre cube d’acier par du bois sauve de 1,1 à 2,1 tonnes de CO2. Au Québec, pour chaque maison construite, c’est 18 tonnes de carbone qui sont séquestrées dans les 20 m3 utilisés.

Se libérer des hydrocarbures grâce au bois

De plus en plus, les produits biosourcés, des matériaux fabriqués à partir de biomasse, s’imposent. Il est maintenant possible de remplacer le plastique par de la fibre de bois.

En pleine pandémie, le centre de recherche FPInnovations a mis au point des masques jetables biodégradables faits à partir de la fibre de bois. L’utilisation de la biomasse forestière résiduelle comme combustible doit être promue si l’on souhaite réduire notre dépendance aux hydrocarbures.

Au Québec d’avoir sa juste part

Le développement de produits de deuxième et troisième transformation nécessite cependant des investissements considérables. Depuis des années, la part du lion du financement fédéral en matière de ressources naturelles est dirigée vers le secteur des énergies fossiles.

De 2017 à 2020, le fédéral a investi 24 milliards $ dans le secteur des hydrocarbures, dont 17,1 milliards $ pour nationaliser le pipeline Trans Mountain, favorisant ainsi la production de pétrole des sables bitumineux.

Pour la même période, la part du Québec à l’intérieur de la stratégie forestière canadienne n’atteignait que 71,4 millions par année dont 75 % étaient octroyés sous forme de prêts.

Si l’État canadien avait fait le choix de rediriger vers l’industrie forestière ne serait-ce qu’une fraction de l’argent qu’il a investi dans le pétrole, imaginez le résultat !

Le Bloc québécois croit que l’industrie forestière doit faire partie intégrante de la relance verte. Comme le souligne l’étude de l’IRIS, le secteur fait face à de nombreux défis, mais sa contribution à la prospérité du Québec est indéniable. Dans cette optique, le Bloc entend proposer un train de mesures qui permettront de développer notre forêt à sa juste valeur.

Non, nous ne croyons pas que l’industrie forestière est en déclin : nous y voyons la rampe de lancement d’un projet de société, un partenariat créateur de richesse dans toutes les régions du Québec, un plan pour nous attaquer au plus grand défi de notre siècle. 

- Mario Simard, député de Jonquière et porte-parole aux Ressources naturelles

- Sylvie Bérubé, députée d’Abitibi–Baie-James–Nunavik–Eeyou

- Maxime Blanchette-Joncas, député de Rimouski–Neigette–Témiscouata–Les Basques

- Alexis Brunelle-Duceppe, député de Lac-Saint-Jean

- Marie-Hélène Gaudreau, députée de Laurentides–Labelle

- Marilène Gill, députée de Manicouagan

- Sébastien Lemire, député d’Abitibi-Témiscamingue

- Kristina Michaud, députée d’Avignon–La Mitis–Matane–Matapédia

- Monique Pauzé, députée de Repentigny

- Simon-Pierre Savard-Tremblay, député de Saint-Hyacinthe–Bagot et porte-parole en commerce international

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