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Boulet promet de ne pas réduire l’accès au retrait préventif

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Le ministre Jean Boulet promet que sa réforme en matière de santé et sécurité du travail ne limitera pas l’accès des femmes enceintes au retrait préventif.

Le député solidaire Alexandre Leduc est inquiet. Il craint que le projet de loi 59 ne restreigne l’accès au programme de prévention Pour une maternité sans danger aux femmes enceintes ou qui allaitent.

C’est qu’un des nombreux articles du texte prévoit que le certificat de retrait préventif sera dorénavant délivré par un médecin chargé de la santé au travail. Ils sont très peu nombreux au Québec. Le médecin qui effectue le suivi de grossesse pourra aussi s’en charger, mais seulement « si le danger est identifié par un protocole ».

« [On] vient comme rajouter une étape, une espèce de cran supplémentaire pour avoir accès au programme Maternité sans danger qui n’était pas là avant. Avant, il y avait la relation privilégiée entre la patiente et son médecin traitant et là, on dirait qu’on veut vraiment circonscrire son champ d’action au médecin », déplore le député d’Hochelaga-Maisonneuve.

Selon lui, le protocole risque fort de réduire le nombre de raisons pour lesquelles un médecin peut prescrire le retrait préventif à une femme qui attend un enfant ou qui allaite.

Recul pour les femmes

Une crainte que partage le Conseil d’intervention pour l’accès des femmes au travail (CIAFT). 

« L’ajout d’une liste des dangers et des conditions de l’emploi, dans des protocoles élaborés par le directeur national de santé publique, est un recul pour les femmes. Cette liste cantonnera ces dernières dans des cases très précises. Il sera donc plus difficile de faire valoir son droit au retrait préventif », a fait valoir la présidente, Danielle Fournier, après le dépôt du projet de loi 59.

Plus équitable

Le ministre du Travail précise que l’objectif est plutôt d’uniformiser les règles. « La gestion du programme varie selon les régions et parfois même au sein d’une même région, alors ça entraîne une iniquité dans le traitement des dossiers de retrait préventif de la travailleuse enceinte ou qui allaite, insiste-t-il en entrevue. Ça ne restreindra pas l’accès, ça va rendre l’accès plus équitable ».