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John Tortorella: Dubois respecte le personnage

L’attaquant des Blue Jackets a appris à connaître Tortorella au fil des années

Canadiens c Colombus
Photo d'archives John Tortorella, un entraîneur unique en son genre.

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Pierre-Luc Dubois a connu un seul entraîneur dans la LNH. À Columbus depuis l’âge de 19 ans, il a appris son métier, depuis trois ans, sous la gouverne du bouillant John Tortorella.

Il n’y a pas de zone grise avec ce dernier. Ce concept est connu depuis longtemps. « Torts » a un don pour dire la vérité en pleine face à ses joueurs. 

Dubois a compris ce principe dès sa saison recrue avec les Blue Jackets en 2017-2018. Il a reçu un rappel important lors du deuxième match du tour de qualifications contre les Maple Leafs de Toronto. C’était le 4 août dernier. 

Pierre-Luc Dubois devra signer un nouveau contrat avant la prochaine saison.
Photo d'archives
Pierre-Luc Dubois devra signer un nouveau contrat avant la prochaine saison.

Tortorella avait enguirlandé son jeune joueur de centre à son retour au banc en deuxième période. Dubois, qui venait de s’asseoir entre Alexander Wennberg et Emil Bemstrom, a écouté les invectives de « Torts » en répliquant de quelques mots. Une scène qui avait été captée par les caméras de télévision et qui avait rapidement fait le tour de la LNH. 

Les Jackets avaient perdu ce deuxième match 3 à 0. Si plusieurs analystes croyaient à une possible rupture entre Dubois et Tortorella, ce n’était absolument pas le cas. 

Au match suivant, Dubois avait calmé la tempête en marquant trois buts dans un gain de 4 à 3 en prolongation. Le troisième choix au total du repêchage de 2016 avait marqué le but égalisateur en troisième période et celui de la victoire. 

Deux personnes compétitives

Près de trois mois après cette série contre les Leafs, Dubois a parlé de cet incident avec un sourire dans la voix, mardi. 

« Oui, je me souviens de la scène. Il m’avait crié après au banc de l’équipe, a rappelé Dubois en entrevue téléphonique au Journal. Il y a des gars qui réagiraient probablement différemment. Pour les partisans, ça peut aussi sembler étrange. Mais ce n’était pas une première pour moi. Je connais le tempérament de John et il connaît aussi mon caractère. Je le respecte comme coach. Il est exigeant et il veut sortir le meilleur de ses joueurs.  

« Il y a aussi un côté business à tout ça, a poursuivi Dubois. C’est le coach qui assemble les trios et qui décide qui joue. Les joueurs, nous sommes payés pour jouer, pas pour prendre des décisions. Pour être honnête, je n’étais pas plus motivé lors du match suivant. Ça ne m’a pas dérangé. Ce n’était pas la première fois que ça arrivait et ce ne sera pas la dernière fois. John est comme ça. Nous sommes deux personnes très compétitives et nous avons le même objectif, la victoire. 

« Dans les séries, tu n’as pas besoin d’une motivation de plus. Si tu manques de motivation, tu ne fais pas le bon sport. »

On peut revoir la querelle entre « Torts » et son joueur étoile sur YouTube. Dans les commentaires sous la vidéo, un internaute résume assez bien l’incident en disant qu’il n’oserait même pas sentir un hamburger s’il avait Tortorella comme diététiste !

Il faut du caractère pour survivre dans la LNH. Et Dubois n’en manque pas. 

Contrat à négocier

D’ici l’ouverture de la prochaine saison, Dubois devra s’entendre avec son directeur général Jarmo Kekalainen sur les modalités d’un nouveau contrat. Le numéro 18 des Blue Jackets a terminé son entente d’entrée dans la LNH et il est actuellement joueur autonome avec compensation. 

Malgré le gel du plafond salarial à 81,5 millions $ pour les prochaines années et des négociations en plein cœur de la pandémie, Dubois dort en paix à ce sujet. 

« Je ne pense pas que ça change les données. Notre stratégie reste la même. La masse salariale n’a pas augmenté. Il y a des équipes comme Tampa et Vegas qui ont des problèmes avec la gestion de leur masse salariale. Ce n’est pas le cas pour les Blue Jackets. Ils ont encore un bon coussin avec près de 14 millions $ sous le plafond (12,025 selon le site Capfriendly.  

« Je veux un contrat qui me rendra heureux, a-t-il enchaîné. Je suis bien à Columbus. Nous avons une bonne équipe. Nous ne sommes pas loin de trouver la recette pour gagner. Pour parler des années ou de l’argent, ça reste plus des questions pour mon agent [Pat Brisson]. Je lui fais confiance pour gérer ce dossier. »

Autre étape

À sa troisième saison l’an dernier, Dubois a terminé au sommet des marqueurs de son équipe avec 49 points (18 buts, 31 passes) en 70 matchs. En séries, il a produit à une cadence bien plus élevée avec 10 points (4 buts, 6 passes) en 10 rencontres.  

« J’aimerais m’établir comme un attaquant qui récolte près d’un point par match. C’est possible d’y arriver. Cette année, ma production ressemblait à celle de 2018-2019, où j’avais eu 61 points, mais en 82 matchs. Mais il y a deux ans, je jouais avec l’un des meilleurs joueurs de la LNH en Artemi Panarin. Nous avions aussi un système de jeu plus offensif. Dans la dernière saison, nous avons resserré notre jeu. Nous avions une mentalité défensive en premier. C’était la clé pour rester une bonne équipe. Dans un tel contexte, ce n’est pas toujours facile d’avoir de gros chiffres offensifs. »

Il se réjouit de l’arrivée de Domi

Max Domi a disputé deux saisons avec le Canadien avant d’être échangé aux Blue Jackets.
Photo d’archives
Max Domi a disputé deux saisons avec le Canadien avant d’être échangé aux Blue Jackets.

Pierre-Luc Dubois est assez intelligent pour savoir qu’un journaliste de Montréal lui parlerait de la transaction entre le Canadien et les Blue Jackets. À Columbus, on se réjouit de l’arrivée d’un autre centre en Max Domi. À Montréal, Marc Bergevin a décrit Josh Anderson comme un phénomène rare. 

Pour recycler un cliché du hockey, cet échange du 6 octobre pourrait être gagnant pour les deux équipes. Seul le temps nous le dira, mais pour l’instant, il semble répondre aux besoins des Jackets et du CH. 

« J’ai texté Max assez rapidement après l’échange pour lui souhaiter la bienvenue à Columbus, a dit Dubois. C’est un joueur très talentueux, il travaille fort et il a beaucoup de chien. Tu n’aimes pas jouer contre un joueur comme lui.

« L’arrivée de Max sera bonne pour l’équipe, mais aussi pour moi. Dans les bonnes équipes, tu as toujours besoin de compétition. Nous aurons un bon one-two punch au centre. Je sais qu’il me poussera. Max a prouvé qu’il est un bon joueur dans la LNH et qu’il peut produire offensivement. »

Logiquement, Dubois restera le premier centre de John Tortorella. Domi occupera le poste de second devant un ancien du Wild du Minnesota, Mikko Koivu.  

« Le portrait de l’équipe a changé au centre et c’est une bonne chose, a analysé le Québécois. Je n’ai pas parlé à l’organisation, mais j’ai lu souvent que Jarmo (Kekalainen, le DG) cherchait à améliorer la position de centre. Nous avons sacrifié un très bon joueur en Josh [Anderson], mais il est un ailier. La signature de Mikko Koivu ajoute aussi de la profondeur et de l’expérience à l’équipe. Nous n’avons pas beaucoup de vétérans comme lui, nous formons une très jeune équipe. »

Anderson, un oiseau rare

Dubois a utilisé un discours semblable à celui de Bergevin pour décrire Josh Anderson. 

« C’est un joueur rare, a-t-il mentionné. Ça ne court pas les rues des ailiers comme lui. Je dirais que tu peux compter sur les doigts d’une main les joueurs dans le moule de Josh Anderson : gros, rapide, intimidant, robuste, marqueur et bon en échec avant. Il est un mélange de tout. Je sais que les partisans l’aimeront à Montréal. Il se donne toujours sur la glace. 

« Comme coéquipier, Josh est aussi une très bonne personne. Il est drôle et très sympathique, mais aussi sérieux. J’ai joué trois ans avec lui à Columbus. J’en garde de beaux souvenirs. »

Quand on décortique les propos de Dubois, on comprend mieux pourquoi Bergevin s’est empressé d’offrir à Anderson un contrat de sept ans et 38,5 millions $, soit une moyenne de 5,5 millions $ par année.

Déjà à Columbus

Dubois profitera des prochaines semaines pour s’entraîner en Ohio.   

« Je suis à Columbus depuis près d’un mois, je suis arrivé ici juste avant que Montréal ne tombe en zone rouge. Il n’y a pas de restrictions en Ohio pour les arénas et les gymnases. La semaine prochaine, nous serons déjà une douzaine de gars des Blue Jackets sur place à Columbus. »