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Sécuriser les adeptes du quad

chronique quad
Photo courtoisie, Tourisme Chaudière-Appalaches Mieux encadrée, avec des mesures de sécurité accrues, la pratique du quad n’en sera que plus agréable sur le réseau de sentiers du Québec.

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Le projet de loi sur les véhicules hors route déposé à l’Assemblée nationale par le ministre des Transports François Bonnardel n’a qu’un seul but, soit de sécuriser la pratique du quad au Québec.

« La nouvelle loi qui est sur la table se veut, d’abord et avant tout, un outil pour améliorer la sécurité des utilisateurs et des usagers, explique le directeur général de la Fédération québécoise des clubs quads (FQCQ), Danny Gagnon. Un des changements qui est important, mais qui en même temps était une réalité qui existait déjà, c’est l’obligation de posséder un permis de conduire. Il faut se rappeler que déjà, pour traverser une route ou encore circuler sur une route, il fallait posséder un permis de conduire. Dans la loi, cela n’était pas inscrit aussi clairement que ça [le] sera à l’avenir. »

La où il y a aussi une grande différence, c’est que le permis de conduire sera nécessaire pour circuler en sentiers.

« Maintenant que le permis sera nécessaire pour circuler en sentiers, cela signifie que l’on vient ajouter l’application du code de la sécurité routière dans l’ensemble du réseau de sentiers. Alors, les points de démérite vont entrer en ligne de compte, les constats d’infraction vont être émis en fonction du code de sécurité routière. C’est véritablement un changement très important en fonction du réseau hors route au Québec. Tous les utilisateurs vont être [tenus responsables] de leurs actes et actions au niveau du code de la sécurité routière. »

Finalement, les sentiers vont être considérés comme des routes forestières à la grandeur du réseau, si on tient compte de ce raisonnement.

DE NOUVEAUX OFFICIERS

Dans le projet de loi, on voit apparaître une nouvelle cohorte d’agents de surveillance qui vont appliquer la loi sur le terrain.

« On vient rajouter aussi, dans le dossier de la surveillance des sentiers, des inspecteurs qui vont relever du ministère des Transports, d’expliquer monsieur Gagnon. Ils vont être habilités à imposer des amendes, qui n’impacteront pas nécessairement le dossier des points de démérite. On constate que comme le disait le ministre, la fête en hors route, c’est fini. »

Ces inspecteurs seraient membres d’un corps parallèle qui relèverait du ministère des Transports.

« Il ne s’agira pas de nouveaux patrouilleurs de la fédération ou de clubs, mais bien de gens entièrement indépendants de notre structure, d’expliquer le spécialiste. Nous attendons de pouvoir poser des questions sur le rôle de ces agents afin de pouvoir être fixés sur ce qui va se passer dans les sentiers. »

Il y a certaines catégories de véhicules qui sont exclues dans les mesures de la loi.

« Les véhicules pour les moins de 16 ans sont exclus, ce qui signifie qu’ils peuvent circuler sur les propriétés privées, sous la surveillance d’un adulte. En tant que fédération, nous allons demander au ministre de permettre aux jeunes de 14 ans de pouvoir revenir dans les sentiers, à condition qu’ils suivent une formation et, aussi, que le permis de cyclomoteur soit reconnu comme valide à titre de permis de conduire. »

FORMATIONS NÉCESSAIRES

Au début de 2020, une tragédie a été vécue avec des touristes français qui avaient loué des motoneiges. L’arrivée de nouvelles mesures touchant la formation obligatoire pour les gens qui louent des véhicules hors route est saluée par le milieu.

« Il s’agit vraiment, pour nous, d’un élément de premier plan en termes de sécurité, d’expliquer monsieur Gagnon. La formation des guides, incluant la gestion des risques inhérents à la pratique du quad, va faire la différence pour la protection des gens qui partent en randonnée. Les touristes vont devoir avoir une formation sur la conduite d’un véhicule avant de partir, ce qui assurera une meilleure protection pour eux. Les locateurs seront obligés de tenir un registre des locations qu’ils vont faire. Tous ces éléments font en sorte que l’encadrement sécuritaire sera nettement meilleur, par rapport à ce qui se faisait auparavant. »

Un seul point inquiète la fédération, c’est le fait que cette mesure obligatoire de formation des guides pourrait inquiéter les clubs.

« Il faut comprendre que plusieurs organisent des activités de randonnée dans le cadre d’évènements qui se déroulent durant leur saison. Les bénévoles s’interrogent s’ils vont avoir à suivre une formation de guide. Nous allons demander des précisions à ce sujet lors des rencontres que nous allons avoir avec les gens du ministère. »

Des modifications ont aussi été demandées par la fédération sur la mesure des largeurs des véhicules de type côte à côte, qui sillonnent de plus en plus les sentiers.

« Nous avons demandé de modifier la façon de les mesurer en termes de largeur. Nous voulons être en mesure de pouvoir affirmer que les véhicules vendus ont vraiment les 64 pouces de large, ce qui est permis dans les sentiers. Présentement, la mesure se prend au niveau des roues et souvent, la largeur peut varier en fonction des pneus utilisés. Il nous faut un moyen de rendre cette mesure facile à prendre et, surtout, uniforme pour tous les véhicules. »

Avant de terminer, monsieur Gagnon a tenu à souligner que les agents de surveillance auront plus de pouvoirs qui s’étendront à l’extérieur du sentier.

« Malheureusement, des gens qui ne réfléchissent pas à la portée de leurs gestes vont sortir du sentier pour aller s’énerver dans un champ voisin, entraînant parfois la perte de droit de passage. Maintenant, avec le projet de loi, nos agents auront le pouvoir d’aller les chercher et de leur imposer les sanctions appropriées. »