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Trump ou Biden? La Cour suprême pourrait trancher

Donald Trump et Joe Biden
Photo AFP Donald Trump et Joe Biden

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Est-ce que Donald Trump pourrait rester au pouvoir malgré une défaite? C’est possible.

Les neuf juges de la Cour suprême des États-Unis pourraient même avoir à trancher sur le sort des élections américaines. Assez particulier quand on sait que six juges de la Cour suprême sont conservateurs (républicains), dont trois de ceux-ci ont été nommés directement par Donald Trump... Bonjour l’apparence de partialité! 

Selon Luc Laliberté, analyste en politique américaine, la question est particulièrement intéressante. C’est une question à laquelle on ne s’attarde pas habituellement, mais elle est très pertinente en ce moment même puisqu’on se retrouve avec un président qui est tout sauf conventionnel.

Il est vrai qu’on a déjà vécu des controverses politiques dans l’histoire américaine. Il y a effectivement un précédent, mais il n’a pas pris autant d’ampleur que la crise qui se dessine actuellement. En effet, lors de l’élection de 2000, où tout se jouait sur le sort d’une poignée de votes entre George W. Bush et Al Gore dans l’État de la Floride, on avait demandé aux tribunaux locaux d’intervenir et on avait même demandé à la Cour suprême des États-Unis d’intervenir. Cependant, à la toute fin, le démocrate Al Gore avait dit, devant l’ampleur du phénomène, qu’il se soumettait à la victoire de Bush. On avait ainsi épargné une crise qui aurait pu être une crise constitutionnelle grave...

Maintenant, on sait très bien que Donald Trump n’aurait pas la sagesse de se soumettre devant la victoire de son opposant. Au contraire, ce n’est vraiment pas son genre d’éviter la controverse. Il vit de la controverse! Effectivement, il n’aurait pas de difficulté à embarquer dans une crise qui impliquerait l’intervention de la Cour suprême, et ce, malgré tous les problèmes que cela engendrait pour son pays.

Luc Laliberté nous rappelle également que M. Trump et son vice-président ont répété à de multiples occasions qu’ils n’allaient pas forcément accepter le résultat des élections de ce soir. À la connaissance de Luc Laliberté, c’est la première fois qu’un président américain dit à l’avance qu’il n’est pas certain de reconnaître les résultats de l’élection. C’est déjà en soi troublant et ça ouvre la porte à toutes sortes de scénarios tirés par les cheveux, dont un recours devant les tribunaux qui décideraient de tout.

Donc, pour bien comprendre, regardons plus en détail un scénario où Donald Trump se servirait des tribunaux pour rester au pouvoir: 

Imaginons donc qu’on ait la réponse ce soir du gagnant de l’élection et que le vote soit serré. Comme Trump a déjà annoncé qu’il craignait qu’il y ait de la fraude électorale, on peut facilement imaginer que Trump refuse de concéder son poste et ira de l’avant pour une demande d’enquête. Par ailleurs, on sait également que la méthode pour comptabiliser les votes fait déjà l’objet d’un litige devant les tribunaux entre les démocrates et les républicains. En effet, il y a des armées d’avocats qui sont sur ces dossiers. Ainsi, la Cour suprême a déjà une pile de dossiers à traiter. 

Imaginons que ces recours sèment le doute et qu’on trouve des irrégularités importantes. Tout ça pourrait faire en sorte que le sort des élections se retrouve entre les mains des neuf juges de la Cour suprême des États-Unis, qui devront trancher le sort de l’élection.

Et là le «punch» de l’histoire – qui fera couler beaucoup d’encre – on sait qu’il y a six juges sur neuf de la Cour suprême qui sont plus conservateurs en général, dont trois qui ont été nommés directement par Trump. Et une chose encore plus dérangeante, c’est que le juge Kavanaugh, aussi nommé par Trump, s’exprime publiquement dans les médias sur son interprétation des lois électorales qui correspond en tout point à ce que Donald Trump affirme. 

Il s’agit d’une apparence totale de partialité qui mènera certainement, si le scénario se confirme, à une théorie du complot.

Pour en savoir plus, vous pouvez écouter mon entrevue avec le chroniqueur Luc Laliberté à Avocats à la Barre sur QUB radio: