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Un choix clair: l’idéal américain ou Trump

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Aujourd’hui, ce n’est rien de moins que la quête de l’idéal démocratique et républicain des États-Unis qui est sur le bulletin de vote.

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Les Américains pourraient réélire un président au comportement foncièrement indécent, un égoïste narcissique et menteur, cible d’accusations allant de la fraude au viol, un incompétent dont la gestion de la pandémie a entraîné plusieurs dizaines de milliers de morts évitables. 

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Ils pourraient aussi choisir Joe Biden, un politicien imparfait, certes, mais dont la réputation de décence, d’empathie et de respect du service public résiste aux calomnies de Trump et de ses trolls.

Tout un contraste, mais au-delà des personnalités, ce sont deux visions de la démocratie, de l’État, de la société et de la nation qui s’affrontent.

La Loi du plus fort

La démocratie trumpienne, c’est la loi du plus fort. Si ses alliés et lui contrôlent le pouvoir, ils peuvent inventer les règles, diaboliser la presse, délégitimer les voix discordantes et renverser sans appel des consensus existants.

Selon les fondateurs, les institutions démocratiques américaines visent la délibération et le compromis et non la domination absolue d’une faction dominante. Toutes les grandes réalisations de Trump ont été adoptées par décret ou en bâillonnant l’opposition, dans l’intérêt de ses partisans.

Les républicains méprisent la démocratie électorale en restreignant l’exercice du droit de vote de millions de citoyens. 

Le président empire les choses en délégitimant le processus électoral et en refusant de promettre une transition pacifique s’il est défait.

Dérive autoritaire

Les fondateurs craignaient la concentration excessive du pouvoir et le règne de l’arbitraire.

Ce sont les marques de commerce de l’administration Trump. Ses abus de pouvoir l’ont mené à l’impeachment et il n’a échappé à la destitution que grâce à son emprise sur son parti. 

Donald Trump s’est autoproclamé au-dessus des lois et jamais il n’a accordé la moindre importance à l’éthique, aux conflits d’intérêts, au népotisme, à la transparence et aux normes suivies par ses prédécesseurs.

Cautionner cette dérive autoritaire en réélisant Trump porterait un coup dur à l’État de droit.

Visions contrastées de la société et de la nation

Réélire Trump validerait sa vision d’une société rétrograde, inégalitaire, axée sur le chacun-pour-soi et le conflit, au détriment d’une vision progressiste, plus égalitaire, axée sur la communauté et l’accommodement.

La société américaine n’a pas complété la marche vers les idéaux des documents fondateurs, mais réélire Trump serait un recul dans ce cheminement historique.

Le choix entre deux visions de la nation américaine est également en jeu. 

Les États-Unis à leur meilleur se veulent une nation inclusive, ouverte au monde et déterminée à exercer un leadership international inspiré par l’idéal démocratique.

 La vision trumpienne est celle d’une nation exclusive, fermée et repliée sur elle-même.

C’est ça qui est sur le bulletin de vote des Américains aujourd’hui. 

Une victoire de Joe Biden signifierait la poursuite de la difficile quête de l’idéal démocratique américain. La réélection de Donald Trump représenterait un immense pas en arrière dans cette quête.