/sports
Navigation

La famille Hoag au cœur du séisme

Le tremblement de terre qui a secoué la ville d’Izmir vendredi a fait jusqu’à présent 112 morts et 1000 blessés

brulotte
Photo courtoisie L’entraîneur de volleyball masculin du Canada Glenn Hoag et son fils Christopher ont été aux premières loges du tremblement de terre, eux qui habitent le pays depuis une dizaine d’années.

Coup d'oeil sur cet article

Une famille québécoise a vécu le séisme d’Izmir aux premières loges.

Établi à Izmir depuis une dizaine d’années, où il dirige le club professionnel en Division Pro A en plus de ses fonctions d’entraîneur-chef de l’équipe canadienne de volleyball masculin, Glenn Hoag était au site d’entraînement de l’équipe, qui a été épargnée, mais son fils aîné Christopher a eu droit à toute une frousse.

Des secouristes sont à la recherche de survivants dans les décombres, à la suite du séisme qui a secoué la Turquie, vendredi dernier.
Photo AFP
Des secouristes sont à la recherche de survivants dans les décombres, à la suite du séisme qui a secoué la Turquie, vendredi dernier.

Participant à un entraînement au Atatürk Sports Hall, Christopher a dû quitter à toute vitesse quand le séisme de magnitude 7 à l’échelle de Richter a frappé, vendredi dernier, le centre-ville d’Izmir. Le séisme avait fait 112 morts et plus de 1000 blessés dont 137 sont toujours hospitalisés, selon un bilan publié mardi.

« Dans le gymnase, il y a un énorme tableau indicateur pour les reprises et le pointage, et il valsait de gauche à droite comme s’il pesait deux livres, a raconté Christopher. Quand j’ai vu ça en regardant le plafond, j’ai eu peur. Les lampes explosaient au plafond et le bruit était assourdissant. On aurait dit un yoyo qui se promenait. On a sorti à la course à l’extérieur pour constater que les fenêtres des bâtiments avaient explosé. Après la grosse secousse, il y en a eu cinq petites. Dans ces circonstances, il y a de gros risques que les bâtiments affaiblis par la grosse secousse s’écroulent.  

« C’est assez commun les tremblements de terre en Turquie, mais celui-ci m’a fait peur et m’a fait sentir tout petit devant les forces de la nature, de poursuivre le volleyeur qui évolue avec l’équipe Pro B du club de son père. J’habite ici depuis six ans et il y a eu un séisme chaque année, mais ça s’était limité à 4 sur l’échelle de Richter. Ce fut très long. En 45 secondes, nous avons eu le temps de penser. Nous avons été chanceux d’être dans un bâtiment assez récent. Tout près de notre gymnase, plusieurs vieux bâtiments qui ne répondaient pas aux normes de prévention sismique ont été détruits. »

Le plus meurtrier en dix ans 

Le séisme est le plus meurtrier à se produire en Turquie depuis dix ans. Un total de 44 secousses de magnitude de plus de 4 à l’échelle de Richter ont été observées après la gronde initiale.

De son côté, le paternel se trouvait au site d’entraînement de l’équipe Pro A à l’Arkas Sport au moment du séisme. « J’ai senti la secousse de 50 secondes, mais rien n’est tombé, a souligné celui qui dirigera de nouveau l’équipe canadienne aux prochains Jeux olympiques à Tokyo, en 2021. Dans ma tête, ce n’était pas un gros séisme, mais le centre-ville est très affecté. Les plus gros dommages se sont produits dans un secteur où les gens ne devaient pas habiter parce que les bâtiments ne sont pas conformes aux règles de prévention sismique. C’est un secteur où les gens ne sont pas fortunés et le gouvernement les a laissés s’établir. Il y a beaucoup de corruption et les règles sont plus ou moins observées. 

« Plus les jours passent, plus il est difficile de trouver des survivants, d’ajouter le vétéran entraîneur et ancien joueur professionnel. Mardi, ils ont trouvé deux petits enfants sous les débris qui étaient encore vivants. Ils ont également trouvé le père, mais ils n’avaient pas encore réussi à le sortir des débris. Quant à la mère, elle était toujours introuvable et le troisième enfant du couple est décédé. Les bâtiments sont tellement écrasés. » Les règles de prévention sismique avaient été établies en 1999 alors qu’un puissant tremblement de terre avait frappé la capitale, Istanbul, et tué plus de 17 000 personnes. Membre de l’équipe canadienne, l’attaquant Nicolas Hoag évolue à Istanbul, mais la capitale n’a pas été touchée cette fois-ci. Les équipes de Nicolas et de Glenn occupent les deux premiers échelons de la Ligue turque, qui a repris ses activités à la fin août. Championne de Turquie, la formation d’Izmir participera à un premier tournoi de la Ligue des champions en décembre à Tours, en France, dans une formule modifiée en raison de la pandémie.

Joueurs ébranlés

Si Glenn et son épouse Donna n’ont pas été touchés par le séisme, certains joueurs vivent difficilement la situation. « Deux de nos joueurs, dont le passeur canadien Jay Blankenau, vivent au centre-ville et ils ont quitté leur appartement pour quelques nuits. Ils sont encore ébranlés. Ils étaient étourdis à l’entraînement, mardi soir, et ils ont la sensation que ça tourne. Un des jeunes joueurs de l’équipe qui provient d’une famille pauvre a vu le bâtiment d’une famille voisine s’effondrer. »

À la tête de l’équipe de France, Hoag avait vécu un tremblement de terre de bonne envergure en 2003 à l’occasion de la Coupe du monde disputée au Japon. « J’étais au 12e étage et le building s’était promené pas mal. Quand j’étais descendu au rez-de-chaussée, c’est comme si rien ne s’était passé. Le Japon est habitué aux tremblements de terre et possède des normes de sécurité élevées pour la construction des édifices. »