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Le départ prématuré de la directrice du DPCP «alimente la méfiance», selon l’opposition

Me Annick Murphy
Photo d'archives Me Annick Murphy

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L’annonce du départ précipité de la directrice des poursuites criminelles et pénales, Annick Murphy, à la veille de la soirée électorale américaine, «alimente la méfiance», estime l’opposition à Québec. 

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Sans vouloir tirer de conclusion «trop rapidement», Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de Québec solidaire, a mis en doute le timing de cette nouvelle qu’il ne juge «pas banale».   

  • Écoutez l'analyse de Caroline St-Hilaire et d'Antoine Robitaille avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:   

Me Murphy, qui était à la tête du DPCP depuis janvier 2015, s’est retrouvée sous les feux des projecteurs ces dernières semaines, en raison du dossier du directeur général de la Sûreté du Québec (SQ), Martin Prud'homme.

Ce dernier est suspendu depuis mars 2019 à la suite d'allégations relatives à des infractions criminelles. Il a finalement été blanchi de celles-ci, mais la Commission de la fonction publique a été mandatée pour étudier la possibilité de le destituer.

Une faute déontologique qu’il aurait commise découlerait d’un appel de M. Prud’homme à la directrice des poursuites criminelles et pénales (DPCP), Me Annick Murphy, en octobre 2017.

«Moi, j'aimerais qu'on nous explique ce qui se passe de manière générale, puis, oui, notamment, est-ce que le départ de Mme Murphy est lié ou pas à la situation de conflit, actuellement, entre la SQ et le DPCP? C'est des questions qu'on se pose», a dit Gabriel Nadeau-Dubois en point de presse mercredi.

Questionnée à propos du moment choisi par Me Murphy pour annoncer son départ, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a déclaré qu’il s’agissait d’une «décision personnelle» et qu’il revenait à la juriste de l’expliquer.

«Je me verrais très mal interpréter sa décision ou commenter une décision qui est personnelle. Il faudrait le lui demander à elle. Je ne peux que prendre acte de sa décision», a-t-elle expliqué.

Le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, a quant à lui invité Me Murphy à venir expliquer aux journalistes sa décision de quitter prématurément ses fonctions.

«Pourquoi quitter avant la fin de son terme? Qu'est-ce qui le justifie? Il y a une phrase un peu étrange à sa déclaration, c'est: “aller voir ailleurs si j'y suis”. J'ai toujours trouvé cette phrase-là un peu étrange», a-t-il indiqué.

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Twitter

Par ailleurs, l’ex-porte-parole de la SQ Guy Lapointe s’est défendu d’avoir fait référence à Mme Murphy dans une déclaration publique où il soulignait l’avantage de faire des annonces lors d’éclipses médiatiques telles que celle de l’élection américaine.

«Je vais reconnaître que le timing pouvait amener les gens à se poser des questions mais ce n’est pas le cas, a-t-il dit en entrevue. Il n’y a pas de lien à faire.»

Ami de M. Prud’homme, M. Lapointe a fait cette déclaration sur Twitter, mercredi matin, ce qui lui a aussitôt valu au moins un commentaire établissant un lien avec Mme Murphy.

«Le bon vieux truc de profiter du contexte d’une éclipse médiatique pour faire une annonce controversée et/ou impopulaire est encore dans le coffre d’outils de certains... Mais [c’]est de moins en moins efficace.»

Travaillant maintenant au BEI, M. Lapointe a assuré que son compte Twitter était personnel. Il a d’ailleurs retiré ce matin toute référence au BEI dans son identification.