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Wall Street démarre en trombe au lendemain de l’élection présidentielle

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La Bourse de New York s’envolait mercredi peu après l’ouverture alors que l’élection présidentielle américaine restait indécise mais que s’éloignait la possibilité d’une victoire d’ampleur des démocrates au Congrès. 

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Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, montait vers 15H35 GMT de 1,8% à 27.971,56 points après avoir grimpé jusqu’à 2,4%.

Le Nasdaq, indice à forte coloration technologique de Wall Street, s’envolait de 3,7% à 11.572,65 points peu après avoir pris jusqu’à 4,1%.

Écoutez la chronique économique d’Yves Daoust sur QUB radio:  

Le S&P 500, qui regroupe les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, prenait 2,5% à 3.453,35 points.

Après de lourdes pertes la semaine dernière, les indices étaient déjà bien remontés lundi et mardi alors que le scrutin entre le républicain Donald Trump et le démocrate Joe Biden s’annonçait de plus en plus serré. 

Les Américains ne connaissaient pas mercredi matin le nom de leur prochain président après un vote à la participation record et dont le dépouillement se poursuivait dans la majorité des États clés.

Mais les démocrates voyaient mercredi leurs chances de gagner la majorité au Sénat américain se réduire grandement.

Or « le marché s’était clairement positionné pour Biden en vendant les actions du secteur technologique et en achetant celles qui auraient profité d’un important plan de soutien à l’économie », remarque Gregori Volokhine de Meeschaert Financial Services. 

« La balance revient à l’équilibre maintenant que la victoire de Biden est beaucoup plus aléatoire », estime-t-il. 

Si Donald Trump l’emporte, le risque d’un confinement comme en Europe est bien moindre, ce qui est de bon augure pour l’économie. 

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Apple et Google à la fête

Surtout, le risque d’une augmentation des impôts sur les gains en Bourse, proposition du candidat démocrate, s’éloigne. 

« Donc pourquoi ne pas racheter des compagnies comme Apple (+3,7%), Google (+6,2%) ou Microsoft (+4,4%) » dont la flambée boursière a apporté des gains « phénoménaux » à leurs actionnaires, relève M. Volokhine. 

Le secteur tech était aussi tiré vers le haut par le bond des plateformes de réservation de voitures avec chauffeur (VTC) Uber (+13,6%) et Lyft (+12,2%) après un référendum clé en Californie préservant leur modèle économique. 

Par ailleurs, si le Sénat reste aux mains des républicains, la possibilité d’un nouveau grand plan d’aides à l’économie se réduit, faisant baisser le risque d’inflation et donc les taux d’intérêt.

La Banque centrale américaine (Fed), soucieuse de soutenir la croissance si les responsables politiques ne parviennent pas à un compromis sur des mesures budgétaires, ne devrait par ailleurs pas remonter de sitôt ses taux directeurs.

Sur le marché obligataire, le rendement de la dette des États-Unis à 10 ans chutait à 0,77% contre 0,90% la veille à la clôture. 

Par ailleurs, le risque de voir les démocrates tenter de démanteler une entreprise comme Facebook ou Alphabet, la maison mère de Google, se réduit, remarque Quincy Krosby de Prudential. 

Les investisseurs ne s’inquiètent pas outre mesure, selon elle, du fait que les résultats de l’élection présidentielle tardent à venir tant que le processus est respecté.

« La question désormais est de savoir ce que fera Donald Trump si c’est Joe Biden qui gagne », avance-t-elle. « Le marché n’a pas envie que les tribunaux soient une nouvelle fois impliqués car alors cela pourrait devenir compliqué », estime-t-elle.