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Pour réfléchir à la mondialisation, au nationalisme économique... et à la démondialisation: un colloque essentiel à ne pas manquer samedi, 7 novembre

Pour réfléchir à la mondialisation, au nationalisme économique... et à la démondialisation: un colloque essentiel à ne pas manquer samedi, 7 novembre
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Depuis maintenant 13 ans, l’Institut de recherche sur le Québec, auquel je suis associé, organise un grand colloque annuel sur la question nationale, pour penser notre époque à sa lumière, et la penser à la lumière de notre époque. Ce colloque a pour titre «Quelque chose comme un grand peuple».

Malgré la pandémie, qui nous oblige à ralentir nos activités sociales, il se tiendra aussi cette année, proposant une réflexion essentielle sur la crise qui frappe la mondialisation depuis quelques mois, sous le signe d’une pandémie qui nous oblige à redéfinir notre rapport à l’État, aux frontières et à la nation.

Au cœur de ce colloque, deux concepts fondamentaux: le nationalisme économique et la démondialisation. De quelle manière les aborder? De quelle manière les comprendre? Représentent-ils des pistes à suivre pour penser les intérêts du Québec?

Diffusé à partir de la Grande Bibliothèque, à Montréal, chacun pourra y assister de son salon. Tel est le monde étrange dans lequel nous vivons, pour un certain temps. Le colloque se tiendra samedi, de 10h à 16h. Pour s’inscrire, c’est ici.

Allons au cœur du sujet.

Plus personne, c’est le moins qu’on puisse dire, ne croit vraiment au récit enchanté de la mondialisation heureuse. Au contraire, on constate de mille manières ses dérives. Les institutions et les symboles qui, hier encore, étaient jugés désuets s’imposent à nous comme de nouvelles évidences. Il en est ainsi de l’État, par lequel les peuples peuvent recommencer à agir collectivement. Il en est ainsi de la nation qui redevient le socle indispensable de la démocratie. Il en est ainsi des frontières, dont on redécouvre la vertu protectrice.

Le colloque de l’IRQ abordera ces questions autour de trois grands thèmes.

Un premier panel sera consacré à l’avenir du nationalisme économique. À quoi ce concept réfère-t-il aujourd’hui? De quelle manière le Québec peut-il s’en emparer pour servir ses intérêts et jouer ses cartes dans le monde qui vient? Le Québec a une longue tradition de nationalisme économique, ne l’oublions pas. Comment la réactualiser? Robert Laplante, Xavier Hubert Rioux et Stéphane Paquin répondront à ces questions pour nous en cherchant à voir notamment quelles sont les forces et quels sont les scénarios à privilégier pour assurer la défense de nos intérêts nationaux dans le monde qui vient.

Le deuxième panel cherchera à voir si le nationalisme et la mondialisation capitaliste peuvent trouver un terrain de réconciliation, ce qui ne va pas de soi. Simon-Pierre Savard-Tremblay cherchera à voir dans quel monde cette question se posera, sachant qu’il aura été profondément transformé par la COVID-19. Votre serviteur, quant à lui, consacrera sa conférence à l’analyse du clivage nationalistes/mondialistes, que certains croient désormais insurpassable. Je me demanderai s’il en est vraiment ainsi, pour mettre en contexte l’arrière-plan idéologique des grandes querelles qui traversent notre temps.

Le troisième panel cherchera à traduire dans le domaine appliqué toutes ces réflexions. Roméo Bouchard abordera ainsi la question sous le signe de la décentralisation, car on devine bien que ce qu’on appelle la démondialisation n’ira pas un retour aux communautés locales, d’une manière ou d’une autre. Pascal Leduc cherchera à voir quel modèle de nationalisme économique le Québec doit adopter dans une planète en voie possible de démondialisation. Rachel Binhas, qui fera sa conférence depuis Paris, nous éclairera sur l’avenir des circuits courts dans un monde qui doit redécouvrir concrètement l’enracinement.

Le programme serait incomplet si on ne mentionnait pas deux autres conférenciers. Pierre Karl Péladeau réfléchira aux chances du Québec dans le monde qui vient, alors que Louise Beaudoin s’interrogera sur le retour de la nation dans le cadre de la crise de la mondialisation.

Tout cela pour dire que ce colloque cherchera à penser la situation et l’avenir du Québec dans un monde qui vient de basculer, en ayant toujours à l’esprit d’assurer la meilleure promotion de ses intérêts. Je m’en serais voulu de ne pas en parler aux lecteurs de ce blogue qui ont certainement notre avenir national à cœur.