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Trump, ses péchés, son pays

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Photo AFP Donald Trump a causé des dommages en profondeur qui dépassent la simple erreur politique.

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Au moment de mettre sous presse, l’avenir de Donald Trump est incertain.

Le narcissique président n’a pas fait que du mal aux États-Unis. Sa politique économique a fonctionné en bonne partie et sa politique internationale n’a engendré aucun conflit armé.  

Mais il a posé des gestes autodestructeurs pour son pays. Des gestes qui ne peuvent pas entrer dans la colonne des simples erreurs politiques susceptibles d’arriver à tout leader. Son attitude personnelle et ses entêtements égoïstes dépassent tout ce que nous avons vu en politique moderne. Et les dommages sont majeurs.

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Voici selon moi quatre fautes graves de Trump

1. Son alliance tacite avec des groupes extrémistes et des complotistes. Je comprends qu’au départ il a fait face à une presse partiale à gauche. Il n’a pas toujours eu tort de les rappeler à l’ordre au début. Mais au fil du temps, il a profité de l’appui tacite des pires propagateurs de faussetés qui sévissent sur le web. Il a encouragé des complotistes, au point d’affecter le tissu social et le débat démocratique aux États-Unis, et jusque chez nous. À terme, ce sont des groupes de type « milices armées » qui émanent de cette irresponsable folie.  

2. Isoler les États-Unis de leurs alliés naturels. Il insiste pour tenir tête à la Chine. Mais il n’a jamais compris que la seule façon intelligente de le faire est via un front commun de pays démocratiques courageux et déterminés à défendre leurs principes. Loin de créer de telles alliances utiles, Donald Trump semble avoir dévié de toute politique étrangère sensée, emporté par son admiration de tous les dictateurs du monde.  

3. Discréditer la démocratie de son propre pays. Au cours des deux derniers mois, il s’est adonné à cette œuvre sombre. Craignant la défaite électorale, Trump dégobille allègrement sur le système électoral, parle de fraude et d’irrégularités, comme si elles étaient monnaie courante. À l’écouter, les États-Unis ont l’air d’une démocratie fantoche du tiers-monde. Ces attaques sont épouvantables pour le pays : convaincre les électeurs qu’un complot ou une tricherie se cache derrière le résultat électoral constitue le pire incitatif à recourir à des actions violentes.

4. Sa gestion de la pandémie. Il ne s’agit pas simplement d’une erreur de jugement. Elle a causé des dizaines de milliers de morts inutiles. Une ineptie basée sur la tentation du président Trump de passer ses instincts d’ignorant devant les conseils des experts avisés qui sont autour de lui. Et aussi le résultat de sa propension à faire passer son intérêt personnel devant les besoins de la nation.

S’il devait être battu une fois tous les votes comptés, commettra-t-il une autre faute grave, encore plus lourde de conséquences que les autres ? Pratiquer la politique de la terre brûlée. Utiliser les deux mois qu’il lui reste à la Maison-Blanche pour détruire davantage le pays et ses institutions, créer le chaos et la division pour rendre la vie exécrable à son successeur. 

Espérons...