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Un dur lendemain de veille

La panique s’emparait du clan Trump mercredi alors que le suspense perdurait pour l’issue du vote à la présidentielle

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Photo AFP Le président Donald Trump a pris la parole à la Maison-Blanche pendant la nuit de mardi à mercredi pour revendiquer la victoire, sans attendre la fin du dépouillement des votes.

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Mensonges éhontés, démocratie bafouée et guérilla judiciaire ; au lendemain d’une élection qui plonge les États-Unis dans une situation explosive, Donald Trump a multiplié les tentatives pour s’accrocher au pouvoir.

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Alors que chaque vote sera déterminant pour l’avenir des États-Unis, des partisans de Joe Biden ont défilé mercredi soir à New York en demandant à ce que « chaque bulletin de vote soit compté ». 

Pendant ce temps, des supporteurs de Donald Trump manifestaient à Detroit, dans le Michigan, pour exiger au contraire l’arrêt du dépouillement dans cet État clé.

  • Écoutez le chroniqueur de politique américaine Luc Laliberté avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:

La tension était à son comble mercredi soir. Les électeurs américains, divisés comme jamais, ne savaient toujours pas qui les présidera pour les prochaines années, mais Joe Biden était aux portes de la Maison-Blanche.

Jamais autant d’Américains n’ont démontré un tel intérêt pour l’élection présidentielle depuis que les femmes ont le droit de vote. Environ 160 millions d’électeurs ont voté, un taux de participation estimé à 67 %, contre 59 % en 2016.   

  • Écoutez La rencontre Dutrizac-Dumont sur QUB radio:   


Trump se déclare vainqueur

Pourtant, Trump a enflammé le web dans la nuit de mardi à mercredi après s’être prématurément déclaré vainqueur avant la fin du dépouillement des votes.

Le président a multiplié les messages trompeurs par la suite. 

« C’est surréel depuis quatre ans. On s’est habitué à voir des choses auxquelles on ne devrait pas s’habituer », lance Rafael Jacob, expert en politique américaine.

« On a affaire à une crise démocratique. Ce n’est pas normal d’avoir un président qui soutient qu’il y a de la fraude électorale et qui s’autodéclare vainqueur », dit-il.

Le milliardaire de 74 ans et son entourage ont continué à mettre, mercredi, en doute l’intégrité du système électoral américain, une situation sans précédent selon Philippe Fournier, chargé de projet au Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal. 

Guerre judiciaire

Ça sentait la panique dans le clan Trump mercredi. Au risque de bafouer la démocratie, le républicain a annoncé son intention de faire invalider des bulletins qu’il estime frauduleux malgré l’absence de preuves. Son équipe de campagne a annoncé de multiples recours judiciaires.

Par exemple, elle a déposé un recours pour obtenir la suspension du dépouillement dans l’État-clé de Pennsylvanie.

Pourtant, « ce ne sont pas des votes illégitimes, explique Andréanne Bissonnette, chercheuse à la Chaire Raoul-Dandurand. Avec l’élargissement du vote par la poste et par anticipation à cause de la pandémie, ce sont simplement des bulletins qui n’ont pas été comptés, même s’ils ont été remis à temps. »

Le système électoral américain est par ailleurs fragilisé par une persistante campagne de désinformation de l’équipe Trump, notent des experts. 

En s’adressant à la nation depuis le Delaware mercredi, Joe Biden estime lui aussi que « chaque vote doit être compté ».

« Je ne suis pas ici pour déclarer que nous avons gagné, mais je suis ici pour signaler que lorsque le décompte sera terminé, nous serons les vainqueurs », a-t-il lancé avec confiance.