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Vers une nouvelle image mondiale?

Plusieurs dirigeants attendaient hier soir avec impatience de savoir qui serait l’homme le plus puissant

Trudeau Trump
Photo d'archives Bras croisés et seul dirigeant assis, Donald Trump n’affichait pas son plus beau sourire en compagnie des leaders réunis lors du Sommet du G7 à Charlevoix, en juin 2018, notamment, Justin Trudeau, du Canada ; Angela Merkel, de l’Allemagne ; Emmanuel Macron, de France ; Shinzo Abe, du Japon ; et Theresa May, du Royaume-Uni.

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De nombreux pays espéraient toujours hier soir que le président Trump tire sa révérence afin que leurs relations avec les États-Unis ne s’enveniment pas davantage.

« [Pour les pays étrangers], ça serait plus facile de faire affaire avec les États-Unis sous une administration Biden », explique Vincent Boucher, chercheur à la Chaire Raoul-Dandurand, de l’UQAM.

Si le démocrate gagne la Maison-Blanche, on doit s’attendre à un retour à la diplomatie plus traditionnelle là où Donald Trump a semé la zizanie, soutient Sami Aoun, professeur de politique appliquée à l’Université de Sherbrooke.

« Les Européens vont vouloir un interlocuteur plus stable que Trump et des relations qui vont au-delà des insultes », ajoute l’ancien diplomate en rappelant que le républicain avait insulté le président de la France, Emmanuel Macron, et la chancelière de l’Allemagne, Angela Merkel.

Les relations entre les pays du G7 et Trump sont tendues depuis qu’il a retiré son soutien à la déclaration commune du Sommet du G7, qui a eu lieu au Québec en 2018.

De son côté, Philippe Fournier, chargé de projet au Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal, croit que quatre autres années sous un règne républicain ne feraient qu’exacerber les relations internationales des États-Unis.

Biden le sauveur

Si Joe Biden remporte cette élection, il aura du pain sur la planche pour redorer l’image de son pays.

« Il ramènerait assez rapidement un semblant de normalité. Je pense que les gens comprennent que, d’un président à l’autre, les choses peuvent changer. [Trump] était une exception », explique M. Fournier.

Biden a déjà promis de réintégrer certains traités, ainsi que l’Organisation mondiale de la Santé, dont Trump voulait sortir son pays.

Et c’est aussi la Chine qui pourrait bénéficier d’un président démocrate. Ses relations avec les États-Unis ont grandement souffert depuis quatre ans.

Trump a notamment contribué à créer une attitude xénophobe à l’égard des Chinois en les blâmant pour la pandémie.

« Les tensions vont demeurer avec Biden, mais je m’attends à moins de provocation et de discours enflammés et plus de diplomatie classique », croit M. Fournier.

Partisans de Trump

L’arrivée du démocrate au pouvoir pourrait décevoir des pays qui ne sont pas portés sur la défense des droits de la personne, estime l’ancien diplomate canadien et Fellow de l’Institut d’études internationales de Montréal (UQAM), François Larochelle.

Selon lui, Trump a tendance à fermer les yeux sur ces comportements, alors que l’ancien vice-président, s’il adopte la même attitude que Barack Obama, pourrait recommencer à leur taper sur les doigts.

Corée du Nord et Russie

Il est fort à parier que des pays comme la Corée du Nord et la Russie espèrent également un vainqueur républicain.

« On peut s’attendre à une approche plus critique de Biden envers la Russie. Il pourrait remettre en cause certaines actions », croit M. Fournier en faisant notamment référence à la présence des troupes de Vladimir Poutine en Syrie et de l’intervention de ce pays dans l’élection de 2016. 

« La Russie a profité du manque d’intérêt des États-Unis à son égard. Il y aurait un revirement sous Biden », ajoute-t-il.