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Club de plongeon de l'université Laval: Dany Boulanger quitte ses fonctions

Après une longue réflexion, l’entraîneur-chef décide de couper les ponts avec l’organisation après 42 ans

Dany Boulanger
Photo courtoisie Dany Boulanger (à gauche) est photographié avec la présidente du Rouge et Or Hélène Morneau et l’entraîneur-chef de l’équipe nationale Michel Larouche, au PEPS en 2011.

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En réflexion depuis un an, l’entraîneur-chef Dany Boulanger a décidé de tirer un trait sur une association de 42 ans avec le club de plongeon du Rouge et Or de l’Université Laval, connu sous le vocable du club ARO depuis 2015. 

« Ça me fait un gros pincement au cœur de quitter et il s’agit d’une grosse décision, a confié Boulanger, mais il ne me reste pas énormément de temps dans ma carrière et c’est pourquoi ce nouveau défi m’intéressait au lieu de continuer de brasser les mêmes dossiers, de mener les mêmes combats et de rencontrer les mêmes problèmes. 

« Depuis deux ans, j’ai mis le plus d’énergie possible à assurer la relève en confiant les meilleurs athlètes aux jeunes entraîneurs (Olivier Duchesneau), de poursuivre Boulanger qui veillait sur le volet sport-études. J’ai besoin de temps pour réaliser des projets en ingénierie et je souhaite compléter un doctorat, exercice que j’ai débuté à deux reprises sans le terminer. La COVID-19 et d’autres circonstances ont accéléré mon processus de réflexion. »

Premiers pas

Débarqué au PEPS en 1977 pour ses études universitaires, Boulanger s’est immédiatement impliqué comme entraîneur avec les plus jeunes. Sauf un an à Montréal après ses études, le natif de Rimouski a toujours travaillé à l’Université Laval. 

« Le club de plongeon et le PEPS ont été ma famille et ma maison pendant 42 ans, dont 38 ans à temps plein, résume-t-il. Au cours de ma vie d’adulte, je n’ai jamais été plus de deux semaines sans aller au PEPS. Pendant le confinement, ce sentiment d’attachement au quotidien a cessé d’exister, ce qui a rendu ma décision plus facile. J’ai toujours fonctionné selon mes intérêts. Je ne tiens pas en place longtemps et faire toujours la même chose ne me fait pas triper tant que ça. C’est pourquoi je me suis impliqué au sein de Plongeon Canada de 1985 à 1992, méritant même le titre de bénévole de l’année en cours de route. De 1993 à 2011, nous avons accueilli environ dix championnats canadiens au PEPS. 

« J’adore travailler avec l’élite, mais ce qui m’allume est de faire réaliser à un athlète ce qu’il doit faire pour réussir, d’ajouter celui qui a reçu le prix Gowan en 2017 décerné par l’Association canadienne des entraîneurs pour souligner la contribution de toute une vie à l’avancement du métier d’entraîneur. 

« Le plongeon est le plus bel outil pour dépasser tes limites quand tu réussis à surmonter tes peurs. »

Au fil des ans, Boulanger a dirigé à un moment dans leur carrière trois athlètes qui ont participé aux Jeux olympiques. À son retour du championnat mondial en 1982, Sylvie Bernier s’est entraînée sous la houlette de Boulanger pendant quatre mois avant de quitter pour le club CAMO en prévision de sa préparation finale pour les Jeux de Los Angeles où elle a remporté une médaille d’or au tremplin de 3 mètres.

Avant de participer aux Jeux de Barcelone de 1992, Bruno Fournier s’est entraîné avec Boulanger et le Rouge et Or en 1990, période au cours de laquelle il a remporté une médaille de bronze aux Jeux du Commonwealth à Auckland en Nouvelle-Zélande. 

Boulanger a aussi entraîné Evelyne Boisvert pendant toute sa carrière qui a culminé avec une participation aux Jeux de Barcelone.

S’il ne s’est pas qualifié pour le rendez-vous de Pierre de Coubertin, Robert Baribeau a connu une très belle carrière sous les ordres de Boulanger. Il a notamment terminé en 4e place lors du Grand Prix de Suède en 1990 et participé à la Coupe du monde FINA en 1989.

Nouveau départ

Âgé de 62 ans, Boulanger est loin de prendre sa retraite. En plus de ses projets, dont un avec l’Agence spatiale canadienne, il se joindra au club Agami de Brossard dès que la nouvelle piscine ouvrira ses portes. Le club compte notamment trois plongeurs au sein de l’équipe du Québec chez les 13 ans et moins. 

« Le club a pris un peu d’expansion et l’entraîneur-chef avait moins de disponibilités, a-t-il expliqué. Le club avait besoin d’un entraîneur à temps plein. Je vais habiter chez mon cousin qui réside à trois minutes du centre sportif et je vais déménager à Montréal quand une chambre de mon condo va se libérer. Avec les fluctuations salariales dans la carrière d’un entraîneur, je pourrais m’assurer d’un revenu et préparer mon après-carrière. »