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Le trumpisme restera

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Photo AFP Le candidat républicain Donald Trump entouré de ses supporteurs à son dernier ralliement au Michigan, lundi soir.

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Si la tendance se maintient, Joe Biden obtiendra la victoire la plus serrée qui soit imaginable au collège électoral et tous les éléments seront en place pour la consolidation de l’emprise du trumpisme sur le Parti républicain.

Bien qu’il ait obtenu le plus grand nombre de votes de l’histoire des élections présidentielles américaines et une solide majorité du scrutin populaire, la victoire apparente de Joe Biden au collège électoral est en voie d’être acquise par la plus mince des marges.

Ce résultat probable ouvrira la voie à un transfert du pouvoir qui a des chances de ne pas être très pacifique et il suggère que le trumpisme est là pour rester.

In extremis pour Biden

Hier soir, il ne restait que l’annonce officielle des victoires pratiquement assurées de Biden au Nevada et en Arizona pour sceller l’issue de la plus rocambolesque campagne présidentielle de l’histoire moderne des États-Unis. 

Les démocrates et ceux qui souhaitent le rétablissement de la démocratie américaine seraient sans doute plus à l’aise si la Géorgie et la Pennsylvanie basculaient vers Biden, mais un résultat final incroyablement serré de 270 à 268 s’annonce, ce qui n’a rien de très rassurant.

Les minces marges de victoire de Biden dans plusieurs États mèneront à des recomptages et à des contestations judiciaires qui occuperont des hordes d’avocats pendant des semaines. 

Des troubles à la mesure de Trump

Le président Trump n’a jamais caché son intention de contester tout résultat électoral qui lui serait défavorable par tous les moyens imaginables. 

Trump s’attend à ce que « ses » juges à la Cour suprême lui donnent raison quand il contestera le vote dans plusieurs États et les législateurs républicains dans ces États sont prêts à l’appuyer en refusant de certifier les résultats du vote ou même en désignant des listes de grands électeurs favorables à Trump si l’incertitude persiste.

Les groupes de partisans extrémistes de Trump ne manqueront pas non plus d’entretenir le climat d’instabilité par des manifestations qui pourraient mal tourner.

Le trumpisme est là pour rester

Ces scénarios ne devraient pas empêcher la transition vers une nouvelle administration en janvier et même si les agents des services secrets doivent l’extraire de la Maison-Blanche manu militari, Donald Trump ne s’effacera pas comme un cowboy qui trotte vers le soleil couchant. Trump continuera à assouvir son besoin insatiable d’attention en monopolisant l’espace médiatique conservateur. 

Qu’il envisage ou non un retour en 2024, il veillera à ce que son héritage ne s’éteigne pas et à ce que la transformation du Parti républicain en Parti de Trump se concrétise à long terme.

Surtout, les idées, les attitudes et les ressentiments qui animent la base partisane de Trump et les conditions qui ont favorisé son ascension politique ne disparaîtront pas du jour au lendemain. 

La tâche de ranimer la marche vers les idéaux démocratiques et républicains des États-Unis après la présidence Trump ne sera pas de tout repos.