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Les marchés saluent l’avantage pris par Biden dans le marathon présidentiel

Les marchés saluent l’avantage pris par Biden dans le marathon présidentiel
AFP

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Les Bourses mondiales fanfaronnaient jeudi, malgré l’absence de clarté sur l’issue de l’élection présidentielle américaine, les investisseurs se préparant toutefois à une politique modérée aux États-Unis, où le démocrate Joe Biden se rapprochait de la Maison Blanche.

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L’Europe a conservé un optimisme ardent au quatrième jour d’une semaine très positive: Paris a fini en hausse de 1,24%, Francfort de 1,98% et Londres de 0,39%.

Au moment de la clôture européenne, Wall Street avançait guillerette, le Dow Jones Industrial Average (DJIA) prenant 1,34% et le Nasdaq, à forte coloration technologique, s’arrogeant 2,02%.

« Les marchés boursiers européens ont connu une nouvelle séance haussière même si le paysage politique n’est pas très clair aux États-Unis », observe David Madden, analyste pour CMC Markets.

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Le candidat démocrate à la Maison Blanche Joe Biden ne doit plus gagner qu’un ou deux des derniers États-clés restant en jeu pour devenir le 46e président américain. 

Des recours juridiques pour contester l’élection pourraient toutefois retarder l’officialisation des résultats.

« Normalement, l’incertitude politique et une hausse des marchés actions ne vont pas de pair mais certaines personnes considèrent que M. Biden ne sera pas en mesure de réaliser l’ensemble de son programme s’il éclipse Donald Trump dans la course à la Maison Blanche, dans la mesure où le Sénat devrait rester sous contrôle républicain », explique M. Madden.

« L’élection américaine laisse penser qu’il va y avoir une cohabitation entre les démocrates et les républicains, du coup les investisseurs se disent qu’il va y avoir une politique très modérée aux États-Unis », souligne Lara Nguyen, gérante privée à Fastea Capital.

Les Bourses asiatiques avaient donné le ton de la journée, progressant nettement à la clôture.

Après avoir gagné aux alentours de 4% mercredi, les deux cours du brut se repliaient jeudi vers 18H20 à Paris (17H20 GMT): le prix du baril de pétrole WTI pour livraison en décembre perdait 1,48% à 38,57 dollars et celui de Brent pour livraison en janvier 1,16% à 40,75 dollars.

Vers 17H30 GMT (18H30 à Paris), le dollar cédait 0,61% face à l’euro, à 1,1798 dollar pour un euro, et 0,74% face à la livre britannique, à 1,3088 dollar pour une livre.

Attente de la Fed...

Dans le contexte de visibilité réduite sur le plan politique mais aussi sanitaire, les investisseurs attendent de savoir quel message ressortira de la réunion monétaire de la banque centrale américaine (Fed) qui s’achève ce jeudi soir.

L’institution va « sans doute attendre plus de visibilité et le mois de décembre pour communiquer sur de nouvelles mesures de soutien qui pourraient être décidées », estime Alexandre Neuvy, responsable de la gestion privée chez Amplegest.

« La principale certitude, c’est que face à l’inconnue sanitaire, à la cohabitation politique qui s’annonce et qui ralentira les prises de décision, et à la nécessité de maintenir le rebond de l’économie via des aides de la banque centrale ou de l’Etat, les taux américains vont rester bas un certain temps », poursuit-il.

...et du résultat des votes

Les investisseurs misaient également sur l’instauration rapide d’une relance budgétaire aux États-Unis, complètement empêchée pour le moment par les batailles politiciennes de la campagne présidentielle dans un pays pourtant très durement frappé par la pandémie de Covid-19.

Dans cette configuration politique, « il sera extrêmement difficile de compter sur un stimulus avant la mise en place d’une nouvelle administration », en janvier donc, s’inquiète toutefois Gilles Moëc, chef économiste d’Axa.

« Et même si on peut imaginer que l’on trouvera un compromis sur un stimulus minimal, je doute qu’il soit à la hauteur de ce qui était attendu », ajoute-t-il.

Les valeurs technologiques tenaient une fois de plus le haut du classement: le géant japonais des investissements dans les nouvelles technologies SoftBank Group, très sensible à la forme du Nasdaq, a clôturé en forte hausse de 5,12% à 6.870 yens à Tokyo.

En Chine, Alibaba, proche de Ant Group, a regagné 6,28% à la Bourse de Hong Kong à la clôture, et Tencent 6,2%.

Les titres d’Apple, de Facebook et d’Amazon montaient de plus de 2% à Wall Street.

Côté européen, Infineon a bondi de 3,54% à 26,45 euros en Allemagne, en tête du Dax, et à Paris, Worldline a pris 3,34% à 68,62 euros.