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Une victoire qui sent la défaite

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Photo AFP Joe Biden

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« Pourquoi Biden va gagner... »

Je ne compte plus le nombre de chroniques, de lettres ouvertes et de textes d’analyse qui portaient ce titre, ces derniers jours.

Ils disaient tous que Biden allait gagner les doigts dans le nez.

« Le chef du Parti démocrate a une autoroute large comme ça devant lui, il va filer vers la victoire sans problème... »

Ah oui ? 

  • Richard Martineau a discuté des élections américaines avec Gilles Proulx:   

TEUF, TEUF, TEUF

Eh bien, monsieur Biden a sans doute connu des ennuis mécaniques car son tacot n’a pas performé comme les « experts » l’avaient prévu.

L’autoroute qu’il devait traverser à toute allure s’est transformée en petit sentier sinueux. 

Et son bolide a fait teuf, teuf, teuf.

Encore une fois, les « experts » de tout acabit ont sous-estimé la force d’attraction du trumpisme.

  • ÉCOUTEZ la chronique de Richard Martineau avec Mario Dumont à QUB radio:

Et, surtout, l’écœurantite aiguë d’une large part de l’électorat face à l’arrogance du Parti démocrate, qui ne cesse de se présenter comme un modèle de vertu et le seul garant des valeurs américaines. 

On l’a dit et redit : ça fait longtemps que Joe Six-Pack ne se reconnaît plus dans le Parti démocrate.

Avant grand défenseur du petit travailleur, le Parti démocrate (comme beaucoup de partis de gauche en Occident) a abandonné les ouvriers pour les minorités et est devenu le refuge d’une bande d’universitaires abscons qui passent leurs journées à deviser sur le sexe des anges et à se demander combien de racialistes trans pourraient tenir sur la pointe d’une aiguille. 

Joe Six-Pack les regarde aller en se grattant la casquette et en se disant : « WTF ? Et moi ? Mon usine qui a levé les feutres pour aller s’établir dans un pays émergent où les ouvriers sont payés en cacahuètes, qui en parle ? »

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

LE MYTHE DU COW-BOY

Et il y a aussi la personnalité de monsieur Biden qui, faut bien le dire, ne respire pas la santé.

Le jour de l’élection, l’homme a pris sa petite-fille... pour son fils mort il y a cinq ans !!!

« Il était fatigué », a-t-on dit.

Rendu là, je m’excuse, ce n’est pas de la fatigue, mais des signes avant-coureurs de sénilité. 

On a beau être en 2020, le mythe du cow-boy viril a encore la vie dure auprès de nombreux Américains. 

Pas sûr que l’idée de donner le pouvoir à un homme qui, dans un an, risque de ne plus se rappeler qu’il a été élu président excite les conducteurs de pick-up ou les électeurs latinos qui aiment leurs leaders « Tabasco style ».

Après s’être présentés au marbre avec Hilary Clinton, une femme mal aimée qui représentait pour plusieurs l’incarnation même de la gauche caviar, voici que les démocrates ont choisi un grand-père insipide, incolore et inodore pour les représenter. 

C’est tout ce qui restait dans le bac à candidats ? Vraiment ?

LE SOLDAT BIDEN

Ça fait quatre ans que TOUS les médias américains (sauf un) répètent du matin au soir et du soir au matin que Trump est un monstre, un clown, une menace, un menteur...

Cela aurait dû se traduire par un vote massif pour les démocrates. 

Or, même avec ce bombardement incessant contre son adversaire, Joe Biden a eu toutes les misères du monde à se rendre à la ligne d’arrivée.

Pas fort.