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Augmentation marquée des logements à louer dans les quartiers centraux de Montréal

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L’offre de logements à louer à Montréal a considérablement augmenté avec la pandémie en raison notamment du retour sur le marché de locations de type Airbnb et de l’exode vers les banlieues, montre une étude de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL).

Alors que la pénurie de logements frappait de plein fouet les quartiers centraux avant la crise sanitaire, de nombreux logements sont à nouveau disponibles.

Certains propriétaires vont même jusqu’à offrir un, deux et parfois même trois mois de loyer gratuits, a constaté TVANouvelles.ca, d’après un recensement sur les groupes de logements sur Facebook.

«On a regardé la plateforme Centris utilisée par les courtiers immobiliers et on a remarqué une grosse augmentation du nombre de logements à louer dans les quartiers plus centraux», a indiqué vendredi François Cortellino, économiste à la SCHL.

Les augmentations d’appartements disponibles sont constatées dans les secteurs de Ville-Marie, de Griffintown, du Plateau-Mont-Royal et de Rosemont.

«Dans le reste de la ville de Montréal ou en banlieue, on n’a pas vu cette augmentation-là. Qu’ont en commun ces secteurs? Beaucoup d’étudiants, beaucoup de locations [à] court terme. Avec moins d’étudiants et le tourisme international au point mort, les locations [à] court terme retournent sur le marché du locatif à long terme», a précisé l’économiste.

Selon un courtier immobilier qui a comme clients des investisseurs de logements locatifs à court terme, l'obligation depuis mai d'obtenir une certification pour s'afficher, de même que la pandémie, a écrémé des sites comme Airbnb.

«Au centre-ville, il y avait 5000 locations. Sur Le Plateau-Mont-Royal, 4000. Et j'insiste: plus de 98% étaient dans l’illégalité», a expliqué Jean Sasseville.

Il n’en resterait plus que 1000, selon lui.

Loyers élevés

Même si les propriétaires tentent d’attirer les locataires avec des mois gratuits, il reste que ce sont des logements moyens de gamme à 2000$ par mois, ce que déplorent les organismes de défense des locataires.

«Les taux d'inoccupation vont peut-être remonter, mais les logements ne sont pas plus abordables, ils vont être à des prix très élevés», a dit Maxime Roy-Allard du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ).

«Et souvent, les propriétaires vont avoir l'ambition de les ramener sur Airbnb quand le tourisme va reprendre», a-t-il ajouté.

Exode vers la banlieue

Plusieurs Montréalais ont également choisi de quitter Montréal au profit des banlieues.

«On a découpé la ville en plusieurs secteurs pour voir où était la plus forte augmentation d’exode, et on se rend compte, depuis le début de l’année, que c’est vraiment à Griffintown et à la Cité du multimédia où il y a le plus de gens qui quittent pour acheter une maison en banlieue», a conclu François Cortellino.