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Ce malade qui (bientôt) ne gouvernera plus?

Aucune démocratie n’est à l’abri de l’élection d’un potentat fou furieux à sa tête.
AFP Aucune démocratie n’est à l’abri de l’élection d’un potentat fou furieux à sa tête.

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Ça y est. Ça achève. Du moins, on le dirait bien. On l’espère très, très fort.

Le règne chaotique et empoisonné de Donald Trump à la Maison-Blanche pourrait prendre fin d’ici peu.

Son adversaire démocrate, Joe Biden, s’approche de plus en plus de la victoire à la présidentielle américaine. Attention. Rien n’est toutefois encore officiel.

Si cela s’avère, bien sûr, Joe Biden sera investi, comme tout président, lors de l’investiture du 20 janvier suivant l’élection.

Donald Trump et une partie de ses disciples les plus enragés continuent néanmoins de s’accrocher bec et ongles à leur illusion de pouvoir contester les résultats de l’élection avec succès devant les tribunaux.

Le plus grand danger est que des actes violents, en son nom, soient commis dans la société américaine.

En attendant, Trump se dépasse lui-même. Il s’en prend carrément au processus démocratique américain parce qu’il risque de perdre. S’il remportait la présidentielle, ses plaintes contre le «système», il n’y en aurait tout simplement pas.

En cela, sa fibre de potentat est plus indéniable que jamais.

Discours hallucinant

Hier, il a prononcé un discours hallucinant – tellement truffé de mensonges que de grands médias américains ont même dû mettre fin abruptement à sa diffusion, du jamais-vu.

«Si vous comptez les votes légaux, a-t-il lancé, je gagne aisément. Si vous comptez les votes illégaux [le Parti démocrate] peut tenter de voler cette élection.»

Alors que c’est complètement faux, les votes par la poste, jurait-il aussi, sont «frauduleux».

N’en jetez plus, la cour du délire trumpien est pleine.

Car il faut bien soulever la possibilité que ce président sortant ne soit peut-être pas tout à fait là dans le département de la santé mentale.

Un homme a beau être imbu de sa propre personne au point de ne jamais vouloir quitter le pouvoir, il n’en reste pas moins que Donald Trump, parce qu’il est à la tête d’un État démocratique et non pas d’une sombre dictature de colonels, se comporte depuis son arrivée à la Maison-Blanche comme un être d’une irresponsabilité extrême.

Pas le premier ni le dernier

Sa non-gestion de la pandémie en est une manifestation parmi tant d’autres, la vie et la santé de sa propre population, incluant même sa base électorale pure et dure, le laissant tout à fait indifférent.

Dans les années 1970, les auteurs Pierre Accoce et Pierre Rentchnick publiaient un livre, lequel deviendrait rapidement un best-seller mondial: Ces malades qui nous gouvernent.

Le sujet? Les leaders politiques qui, à travers l’histoire, même moderne, ont sciemment caché leur état de santé chancelant à leur population.

Les auteurs parlent essentiellement de maladies physiques, mais, dans le cas de Trump, force serait aussi de passer au registre des troubles graves de la personnalité.

On aura beau chercher toutes les explications possibles et imaginables au phénomène Trump, tenter les analyses les plus raffinées en science politique, il manquera toujours l’élément-mystère: celui d’un homme gravement instable sur tous les plans.

C’est sûrement ce qui le rend le plus dangereux. L’immensité des dommages qu’il aura causés à la société américaine – et bien au-delà de ses frontières – ne sont pas près d’être apaisés.

Les États-Unis sont maintenant une nation férocement polarisée entre deux clans quasi ennemis, une part substantielle de la nation américaine étant devenue irrévocablement trumpiste, l’autre se levant la nuit pour prier que ce cauchemar éveillé se termine enfin. Les chefs de gouvernement occidentaux, eux aussi, retenant leur souffle pour la suite.

La morale?

Bref, la morale de l’ère trumpiste est limpide. Aucune démocratie n’est à l’abri de l’élection d’un potentat fou furieux à sa tête.

De par le monde, dans le dernier siècle et demi, Trump est d’ailleurs loin d’être le premier à avoir réussi le coup. Si le passé est garant de l’avenir, il ne sera pas le dernier non plus.

L’important, pour le moment, est que Donald Trump ne réussisse pas à rafler un deuxième mandat qui, on ne s’en sort pas, lui aurait permis de terminer son œuvre de destruction.