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Les Latinos méfiants

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Photo AFP Donald Trump a terminé sa tournée électorale le 2 novembre en Floride, État qu’il a remporté avec le vote latino-américain.

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La victoire convaincante de Donald Trump en Floride a été directement reliée au vote hispanique. Nombreux sont les Latinos qui se sont méfiés énormément du Parti démocrate, à cause de la présence d’éléments plus radicaux à gauche dans ce parti.  

Ce sont en priorité des Cubains et des Vénézuéliens qui ont largement accordé leur vote au candidat républicain. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on parle ici de citoyens qui ont une relation « privilégiée » avec tout ce qui s’appelle gauche radicale.

Depuis un demi-siècle, les Cubains ont vécu une dictature communiste à la Castro. Peu de liberté, pas d’accès libre à l’information, une vie dans la pauvreté et le rationnement. 

La réalité n’est pas toujours facile pour eux aux États-Unis, mais aucun ne veut retourner vivre à Cuba.

Imaginez maintenant les Vénézuéliens qui ont goûté à Hugo Chavez. Les coups de force, la famine, les médicaments non disponibles, un régime de terreur dans un pays en crise permanente. 

Les ressortissants de ce pays qui ont la chance de vivre aux États-Unis remercient le ciel.  

Ils comprennent mal ?

Ce qui me chicote, c’est l’analyse faite dans la plupart des médias de leur vote.

On semble insinuer qu’ils se sont trompés en votant républicain, mais qu’il faut leur pardonner étant donné les circonstances dans leur pays d’origine. Ils seraient des électeurs un peu moins éclairés puisque traumatisés.

Puis-je prétendre le contraire ? En matière de méfiance face aux discours racoleurs de la gauche radicale, on pourrait bien voir ces Latinos comme des gens particulièrement compétents et lucides. 

Leur expérience de vie, les dommages vécus par leurs familles, ne s’agit-il pas de réalités concrètes qui illustrent les dangers associés aux mouvements révolutionnaires de gauche ?

Cubains et Vénézuéliens ont entendu les belles promesses : la « justice sociale », le monde meilleur lorsque la classe ouvrière aura écrasé les profiteurs économiques et les grosses compagnies. 

Puis ils ont connu les privations de liberté et la misère économique. Les appréhensions de ceux qui ont vécu cette misère devraient être entendues comme une expérience de vie plutôt que comme une déviation politique.  

Pas avec une perche de 100 pieds !

Je comprends bien que Joe Biden n’a rien à voir avec Fidel Castro et que la minorité plus extrémiste du Parti démocrate n’amènera pas les États-Unis dans le socialisme. Pas du tout. 

Mais je constate que ceux qui ont connu les révolutions gauchistes de près ne veulent rien savoir. 

Au point de rejeter d’emblée un parti qui abrite une aile minoritaire de socialistes.

Leur opinion vaut au moins autant que celle de milliers de professeurs pseudo-intellectuels qui vantent le socialisme sur les campus en profitant du confort de la vie aux États-Unis. 

Autant que celle des médias qui dénoncent avec raison l’extrême droite, mais s’accommodent avec un sourire en coin des dérives de l’extrême gauche.

Cette fois-ci, le choix alternatif d’un Cubain de Floride était Trump. 

Le type qui nous a prouvé encore avec son comportement des dernières 24 heures qu’il n’est pas un leader à la hauteur. 

Mais ils auront choisi ce qui est le moins pire pour eux.