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Mobilisons-nous contre « les marchands web de la mort » qui visent nos jeunes

Mobilisons-nous contre « les marchands web de la mort » qui visent nos jeunes

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Le Québec pleure encore un autre drame qui porte, à première vue, les empreintes de la détresse humaine. Au cours des dernières semaines, plusieurs voix autant expertes que communautaires se sont fait entendre autour de la nécessité que collectivement nous en fassions plus et que nous fassions mieux sur les enjeux de santé mentale.  

J’aimerais attirer votre attention sur un autre enjeu rapporté dans les pages du Journal de Montréal il y a quelques semaines soit celui de l’impact du web et des médias sociaux sur la santé mentale de nos jeunes. Je tiens à préciser que c’est non seulement à titre de député de Viau, porte-parole des dossiers jeunesse pour l’Opposition officielle que je prends la parole dans ce dossier mais aussi à titre de papa d’une adolescente et à titre de citoyen, qui a été trop de fois hélas, témoin d’une catastrophe qu’est à chaque fois le suicide d’une jeune Québécoise ou d’un jeune Québécois J’ai vu des familles en mille morceaux au cours des dernières années après la perte d’un enfant. Nous ne pouvons que déplorer de tels actes et nous devons tous, collectivement, agir ensemble pour faire face à de tels drames. 

Toutes les lumières sont au rouge depuis le début de la pandémie. Les niveaux de détresse et d’anxiété chez les jeunes sont en nette progression partout au Québec. En temps de pandémie ou l’on sait déjà que des milliers de Québécois.es souffrent de problèmes de santé mentale, il y a lieu de s’inquiéter.

Le suicide demeure un sujet sensible dans la population et même un sujet tabou. À peu près tout le monde a connu, de près ou de loin, une histoire avec le suicide. Nous avons tous dans notre entourage quelqu’un qui été affecté par ce drame. Et ce sont toujours des histoires douloureuses et même tragiques pour les familles et les proches.  

Suicides au Québec

Bien que chaque suicide soit un suicide de trop, le nombre de suicide des adolescents est relativement faible et stable depuis 10 ans au Québec. Contrairement aux tendances à la baisse en ce qui concerne les taux de suicide depuis les années 2000, les taux d’hospitalisations pour tentatives de suicide sont en hausse au Québec. On note près de 3900 hospitalisations liées à une tentative de suicide chaque année dont une hausse chez les jeunes filles de 15 à 19 ans.

Aujourd’hui, au 21ème siècle, dans cette ère des technologies de l’information, ce qui doit nous préoccuper aussi c’est comment les technologies de l’information, les médias sociaux en particulier, peuvent devenir des plateformes ou des catalyseurs en matière de suicide. Et pour cause, l’influence des médias sociaux et d’Internet au sens large sur nos enfants est indéniable et démontrable. Plusieurs études ont dressé des liens de cause à effet entre le temps passé devant les écrans, la cyberintimidation et les idées noires développées par nos jeunes. Des idées noires qui peuvent dans certains cas mener à des tentatives de suicide. 

En ce qui concerne le suicide et l’Internet, Carl Morch, docteur en psychologie et expert en influence du web nous dit que : « le web est une arme à double tranchant. D’un côté, il peut servir d’outil de prévention. De l’autre, on peut y trouver de l’information pour passer à l’acte, d’où l’intérêt potentiel pour les personnes suicidaires de s’informer sur des réseaux sociaux qui permettent de le faire sans laisser de traces. » (Actualités UQAM

Selon le « US National Library of Médecine » il y aurait plus de 100 000 sites sur le web concernant le suicide, heureusement la plupart sont contre l’acte et tentent d’orienter les gens vers des services pour les aider. Mais, ce n’est pas le cas pour certains autres qui sont, à mon sens, de véritables « marchands de la mort » accessibles quoique difficilement aux jeunes qui, comme tout le monde, peuvent connaitre un moment de vulnérabilité ou même de dépression. La prolifération de sites web douteux et tordus ne sont pas trop populaires et répandus sur le web, mais malheureusement oui sur le «dark web».

Préoccupant

C’est un dossier qui doit être très préoccupant et prioritaire pour nous tous. D’ailleurs, lors des études de crédits budgétaires jeunesse, j’ai questionné le premier Ministre du Québec, responsable des Dossiers jeunesse du gouvernement, sur cet enjeu. Mais nous convenons qu’il ne s’agit pas uniquement d’un dossier gouvernemental (santé, éducation, sécurité publique, justice, stratégie numérique) mais que c’est un dossier qui doit être l’affaire de tous. Il faut s’assurer de mieux soutenir les parents. Ils sont quand même les premiers témoins et premiers acteurs pour l’aide à apporter à nos jeunes. Et pour cela, nous avons besoin de plus de ressources pour les organismes de proximité qui soutiennent ces parents. 

À côté des questions des délais d’attente pour avoir un accès aux professionnels de la santé et afin de pouvoir bénéficier de tout l’accompagnement nécessaire, il y a des actions concrètes possibles. Sachez qu’il y a de l’aide et des gens dévoués qui sont disponibles pour vous aider directement comme Tel-Jeunes ou encore en allant consulter la nouvelle Stratégie numérique de prévention du suicide développée par l’Association québécoise de prévention du suicide (suicide.ca) en plein déploiement depuis le mois d’octobre dernier. 

Mais il faut aussi rappeler du soutien plus que nécessaire dont ont besoin des parents aux prises avec un jeune vivant une période difficile voire qui songent peut-être de passer à l’acte. Plus de gestes de prévention doivent être posés parce qu’après tout, prévenir vaudra toujours mieux que guérir.

Besoin d’aide 

  • Site web : Tel-Jeunes 1-800-263-2266 (24/7) 
  • Si vous ou un de vos proches êtes en détresse, appelez sans frais, partout au Québec, le 1 866 APPELLE (277-3553)  

Frantz Benjamin – Député de Viau, Porte-parole de l’Opposition officielle dans les dossiers jeunesse

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