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Services de garde subventionnés: Québec allonge 50 millions $ pour les dépenses COVID-19

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Québec allonge 50 millions $ pour aider les services de garde subventionnés qui ont dû mettre en place des mesures sanitaires pour limiter les risques de propagation de la COVID-19.

S’ils saluent ce soutien, les CPE avaient toutefois des attentes plus élevées.

Les garderies subventionnées, les CPE et les services de garde en milieu familial se partageront la cagnotte visant à éponger les coûts de nettoyage et de désinfection engendrés par la pandémie.

«C’est difficile d’arriver avec un montant qui va nécessairement faire le bonheur de tout le monde, mais je pense [...] qu’on fait un pas qui est important et je suis confiant que ça va leur donner le coup de main dont ils ont besoin», lance le ministre Mathieu Lacombe, en entrevue avec notre Bureau parlementaire.

Les montants seront accordés en fonction du nombre d’enfants par garderie. C’est donc dire qu’une installation de 80 places touchera environ 22 000$. Pour un service de garde en milieu familial qui compte six bambins, on parle d’une somme s’approchant de 800$.

Le ministre de la Famille laisse également entrevoir des assouplissements aux règles sanitaires imposées aux garderies, notamment en ce qui a trait à la gestion de l’accueil des enfants. Une annonce sera faite dans les prochains jours.

«L’idée, ce n’est pas seulement de donner de l’argent aux CPE, aux garderies et aux milieux familiaux, c’est aussi de réaménager les règles qui sont imposées par la Santé publique pour qu’elles respectent la réalité sur le terrain et l’hiver qui arrive», insiste Mathieu Lacombe.

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Du personnel supplémentaire

Une souplesse vivement réclamée par les services de garde, qui ont dû embaucher du personnel supplémentaire pour l’accueil et le départ des enfants, de même que pour faire respecter l’étanchéité des groupes.

«Dans certains cas, il y a des éducatrices qui sont passées d’un horaire de 36 h à des horaires de 40 h par semaine. Ça a un coût, ça, sur la masse salariale», signale Geneviève Bélisle, directrice générale de l’Association québécoise des CPE.

Si elle accueille favorablement l’aide financière du gouvernement, elle précise que l’enveloppe allouée est en deçà des attentes. Les CPE et les garderies en milieu familial demandaient 85 millions $.

«Il y a des sommes qui ne sont pas au rendez-vous, renchérit Mme Bélisle. On est content qu’il arrive un soutien, mais il n’est pas à la hauteur de ce qu’on aurait souhaité.»

Elle signale également que le gouvernement fournit «à peu près 60% à 70% des besoins réels» des CPE en masques et en visières. Les garderies doivent donc compenser les dépenses nouvelles.

Temps froid

Au Conseil québécois des services éducatifs à la petite enfance, on est en partie soulagés par l’aide de Québec. «Ce n’est peut-être pas le Pérou, mais c’est quand même vraiment mieux que rien!», a réagi la directrice générale, Francine Lessard.

Cette dernière suggère que le temps froid qui s’en vient risque fort de compliquer encore plus les choses, ce qui amènera probablement d’autres dépenses pour les services de garde.

«Nos tout-petits, on ne peut quand même pas les laisser à la porte du CPE avec les parents, de longues périodes d’attente [pour faire respecter la distanciation physique entre les familles]. Est-ce qu’on va devoir installer des abris avec des lampes chauffantes? On ne le sait pas vraiment, on attend toujours les directives de la Santé publique.»