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Trudeau perd son meilleur ennemi

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Photo d'archives, AFP Donald Trump et Justin Trudeau

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Justin Trudeau est en voie de perdre son meilleur ennemi.

Donald Trump a fait la vie dure à notre premier ministre dans les dernières années. 

Mais il lui a aussi permis de se placer sur un piédestal, particulièrement dans le Canada anglais. 

On ne compte plus les chroniques et reportages comparant favorablement notre premier ministre à l’énergumène qui règne au sud de nous depuis 4 ans.

On aime souligner à grands traits que notre société est plus juste, inclusive, pacifique et généreuse, surtout avec Trump au pouvoir. 

Cette façon de se présenter comme étant moralement supérieurs aux Américains fait partie de l’imaginaire collectif du ROC.

C’est en tout cas l’analyse que fait le sociologue Gérard Bouchard dans son plus récent ouvrage : Les nations savent-elles encore rêver – Les mythes nationaux à l’ère de la mondialisation

Qui de mieux que Justin Trudeau, un grand apôtre de la vertu, pour profiter politiquement de notre façon de présenter Trump comme un faire-valoir, aussi dangereux soit-il.

À vrai dire, n’importe quel premier ministre canadien gagnerait au jeu des comparaisons contre Trump.

Je dis tout cela avec une certaine ironie. L’arrivée très probable de Joe Biden à la Maison-Blanche rendrait la tâche plus facile à notre premier ministre, sur la durée.

Leçons 

Il n’en demeure pas moins que Trump a su résister à la vague bleue démocrate que plusieurs anticipaient. Y a-t-il des leçons à tirer ici de cette surprenante performance ? 

François Legault a offert hier des pistes de réflexion qui devraient intéresser Justin Trudeau, lui qui se cherche des raisons de déclencher des élections. 

À son avis, la popularité de l’homme aux 1000 casseroles relève de la « grande anxiété économique » qui afflige la population américaine. Une inquiétude qui est aussi présente au Québec, selon lui. 

L’ex-conseiller principal de Justin Trudeau Gerry Butts allait un peu dans le même sens, mercredi soir, sur les ondes de CBC. Il soulignait que les démocrates ont encore une fois été incapables d’attirer en plus grand nombre les travailleurs qui se sentent floués par le système économique. 

M. Butts en déduit que les partis politiques progressistes (comme les démocrates et les libéraux) ont intérêt à faire campagne sur les enjeux économiques concrets qui touchent monsieur et madame Tout-le-Monde.

C’est une partie de la recette Trudeau, qui a fait d’aider « la classe moyenne et ceux qui travaillent fort pour s’y joindre » son slogan fétiche.   

À l’inverse, selon M. Butts, la gauche a moins de succès lorsqu’elle mise sur des enjeux idéologiques de niche pour gagner des élections.

Justin Trudeau devrait en prendre des notes, lui qui a tendance à faire la morale.