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Biden a gagné, Trump a perdu

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Photo AFP Une partisane pro-Biden brandit une pancarte « Le peuple a parlé » lors d’une célébration à Philadelphie, vendredi.

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Depuis que la victoire de Joe Biden semble inévitable, certains commentateurs en diminuent la portée, mais quand il est question de la présidence, il n’y a pas de demi-victoires.

Cette élection du candidat démocrate est devenue mathématiquement inévitable, des sceptiques la présente comme une sorte de défaite. C’est une façon bien étrange de concevoir la politique.

Il y a des déceptions dans le camp de Joe Biden, mais le 20 janvier à midi, il deviendra président à part entière et Donald Trump ne le sera plus.

Une victoire, c’est une victoire

Au hockey, quand la finale est gagnée en prolongation lors d’un septième match, l’équipe gagnante prend possession exclusive de la coupe Stanley.

La victoire de Biden aura beau avoir tardé à se matérialiser, elle n’en sera pas moins réelle que celle de Trump la dernière fois. 

En plus d’avoir renversé le vote dans plusieurs États gagnés par Trump en 2016, Biden a obtenu une solide majorité du vote populaire et plus de suffrages que n’importe quel autre président.

Les élucubrations de Donald Trump n’enlèveront rien à cette victoire, au contraire.

Des précédents

Certains pensent que cette victoire à l’arraché pendra comme un boulet au cou de Biden. L’histoire démontre que des victoires serrées n’ont pas empêché plusieurs présidents de faire leur marque, pour le meilleur ou pour le pire.

Thomas Jefferson a gagné de justesse et sa victoire a entamé six mandats consécutifs de son parti. John F. Kennedy a gagné par une infime marge, mais ça n’a pas empêché sa présidence de marquer l’Histoire.

George W. Bush, battu au vote populaire et vainqueur par quelques milliers de votes en Floride, a pu mobiliser ses compatriotes après le 11 septembre 2001, obtenant des taux d’approbation stratosphériques qui ont pavé la voie à sa réélection.

Donald Trump lui-même a été élu avec une minorité du vote populaire et une marge totalisant 80 000 votes dans trois États, ce qui ne l’a pas empêché d’accaparer tous les pouvoirs de la présidence... et même plus.

Déceptions démocrates

La victoire de Joe Biden n’a pas été le coup d’assommoir attendu, mais cela ne veut pas nécessairement dire qu’il ne pourra pas exercer les pleins pouvoirs de la présidence.

Il est vrai que l’échec apparent des démocrates à reconquérir la majorité du Sénat lui imposera des contraintes dont il aurait préféré se passer.

La majorité républicaine au Sénat ne fera pas de cadeau à Biden, mais cette situation lui évitera d’avoir à discipliner lui-même la gauche démocrate et mettra en valeur ses talents de conciliateur. De plus, le fait d’avoir mieux performé que son propre parti pourrait l’aider à contrôler celui-ci.

Joe Biden a quatre ans devant lui, mais, à son âge, le temps n’est pas son meilleur allié. Heureusement pour lui, les divisions entre républicains sur l’avenir de Trump et du trumpisme l’aideront à consolider ses appuis pour lui-même ou pour celui ou celle qui lui succédera.