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Discorde autour de la forêt québécoise

Québec tente d’améliorer le régime forestier, mais l’industrie du bois reste sur sa faim

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Les choses ne bougent pas assez vite au goût de la majorité des acteurs de l’industrie québécoise de la foresterie, qui s’attendait à plus des changements annoncés au régime forestier du Québec. 

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) dévoilait hier une série de mesures qui visent à répondre aux demandes de l’industrie, qui souhaite depuis belle lurette qu’on lui confie davantage de responsabilités afin que ses opérations deviennent plus prévisibles. 

« C’est un premier pas timide dans une bonne direction, lance Jean-François Samray, PDG du Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ). On souhaite qu’on arrête le red tape [la bureaucratie] et qu’on se mette au travail. Ça presse. » 

Au MFFP, on nuance ces propos. 

« On a des actions et des dates d’entrée en vigueur. On a un plan de match, il n’est pas question d’un comité qui n’aboutit pas », souligne Alain Sénéchal, sous-ministre associé aux Forêts.

Le ministère a notamment annoncé hier que le Bureau de la mise en marché des bois allait porter à 90 % le taux des lots mis aux enchères et adjugés, ce qui aura pour effet d’améliorer les volumes offerts à l’industrie. 

« Ça, c’est bien. Pour le reste, on nous annonce des comités, des groupes de travail, et il y a des secteurs qui sont complètement oubliés, comme la sylviculture, un maillon fondamental », ajoute M. Samray. 

« On est surpris, c’est comme si on ne faisait plus partie du secteur forestier », s’exclame Fabien Simard, directeur général de l’Association des entrepreneurs en travaux sylvicoles du Québec (AETSQ). Lors de la présentation du MFFP, hier, « il n’y a eu aucune mention du mot entrepreneur et du mot sylvicole ». 

La sylviculture est en quelque sorte la mise en valeur de la forêt, avec notamment tous les travaux de labourage, de reboisement et de débroussaillage. 

On parle de 6500 emplois au Québec, selon l’AETSQ, sur les 60 000 de l’industrie forestière. 

De la place pour plus de bois

Le PDG du Conseil de l’industrie forestière est surpris, lui aussi, car Québec répète miser sur la forêt pour propulser la relance économique, rappelle Jean-François Samray. 

L’industrie, les syndicats et les municipalités ont besoin de mètres cubes de bois à coûts compétitifs pour être capables de remplacer les produits plastiques et de répondre aux besoins des consommateurs, insiste-t-il.

La forêt du Québec n’est pas surexploitée, indiquait par ailleurs le forestier en chef du Québec dans un rapport déposé le 27 octobre. Même que parmi toutes les provinces forestières du Canada, le Québec se classe bon dernier pour la qualité et la quantité de sa récolte, peut-on lire. 

« C’est le cas depuis aussi longtemps que je me rappelle », lance Fabien Simard, de l’AETSQ.  

Une autre annonce sous peu

Si l’annonce d’hier a laissé tout le monde sur sa faim, la Stratégie nationale de production de bois, qui est prête et qui devrait être présentée sous peu, est attendue avec impatience. 

« Ça fait partie de notre environnement immédiat, on est bien positionné. Maintenant, si les autorités veulent en faire l’annonce, ça leur appartient », laisse tomber le sous-ministre Sénéchal.