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Trouver un emploi et un nouveau milieu de vie

Trouver un emploi et un nouveau milieu de vie
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Il y avait déjà quelques mois que Machitech Automation cherchait à pourvoir un poste de dessinateur technique, sans succès. C’est le programme Un emploi en sol québécois de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) qui est venu à sa rescousse. 

Dans le cadre de cette initiative, qui vise à favoriser le recrutement de personnes immigrantes par des entreprises établies en région (voir encadré), la FCCQ a organisé des tournées aux quatre coins du Québec pour faire se rencontrer recruteurs et demandeurs d’emploi. 

C’est ainsi qu’au printemps 2019, Elhadj Diallo et un groupe d’immigrants sont montés à bord d’un autobus en direction de Saint-Raymond, dans la MRC de Portneuf. Une vingtaine d’employeurs, dont Machitech, spécialisée dans la fabrication de systèmes de découpe au plasma, étaient venus à leur rencontre pour leur parler des possibilités d’emploi dans leur entreprise.

Le profil de l’emploi

René Plamondon, directeur des opérations, a rencontré trois candidats préqualifiés pour en retenir deux dont Elhadj Diallo à qui il a finalement offert le poste à la suite d’une deuxième entrevue. 

« J’ai adoré cette expérience parce qu’on y a rencontré des candidats qui avaient le profil de l’emploi et qui étaient prêts à s’établir en région », explique M. Plamondon. 

Pour Elhadj Diallo, originaire de la Guinée, l’offre de Machitech ne pouvait tomber à un meilleur moment lui qui achevait sa formation en dessin technique à l’Institut technique Aviron, à Montréal. 

« J’étais rendu à l’étape du stage obligatoire, explique-t-il. L’emploi m’a plu. J’ai aussi aimé la région de Portneuf. Je ne savais pas du tout où c’était avant d’y mettre les pieds. C’est un des atouts du programme. J’avais visité deux autres régions auparavant, cela m’a permis de voir un peu à quoi ressemble le Québec. »

Intégration réussie

Il a donc déménagé ses pénates à Saint-Marc-des-Carrières où est établie l’entreprise qui compte 170 employés. Son intégration au travail a été un succès, selon René Plamondon. Il a rapidement développé son autonomie dans ses tâches et a su faire sa place au sein de l’équipe.  

« On l’a initié à la planche à neige, lance M. Plamondon. On a aussi voulu faciliter son arrivée dans la région. Il avait notamment de la difficulté à trouver des aliments de son pays. Les week-ends, on lui permettait donc d’emprunter un véhicule de l’entreprise pour qu’il puisse aller faire son épicerie à Montréal et y voir ses amis par la même occasion. » 

Pour René Plamondon, l’employeur a un rôle de premier plan à jouer non seulement pour favoriser la rétention de l’employé, mais aussi son intégration dans la communauté. 

En poste depuis plus d’un an, Elhadj Diallo commence à prendre racine dans sa région d’adoption. Il a fait sa demande de résidence permanente et, une fois qu’il l’aura obtenue, il compte bien faire venir sa femme et ses trois enfants qui vivent encore en Guinée. La région de Portneuf comptera donc bientôt une famille de plus sur son territoire.  

Stimuler l’immigration économique en région  

Lancé en 2018, le programme Un emploi en sol québécois vise à favoriser le maillage entre les entreprises en région et les travailleurs immigrants. Il est né d’un constat. 

« La grande région de Montréal accueille 80 % des nouveaux arrivants, alors que 55 % des emplois se trouvent en région, explique Charles Milliard, président-directeur général de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ). On s’est demandé ce qu’on pouvait faire pour aider les employeurs à trouver la main-d’œuvre dont ils ont grand besoin et pour permettre aux personnes immigrantes d’occuper un travail qui correspond à leurs compétences. »

Pour mettre sur pied ce programme, qui est financé par le gouvernement du Québec, la FCCQ s’est appuyée sur son réseau de chambres de commerce à travers la province.

Les immigrants admis au Québec depuis moins de cinq ans et les employeurs inscrits au programme ont accès à une plateforme en ligne de maillage développée par l’entreprise québécoise Workland. Grâce à un algorithme d’intelligence artificielle et à l’expertise de l’équipe, il y a un arrimage qui se fait entre les qualifications des candidats et les exigences des postes à pourvoir. Ce service de préqualification permet aux employeurs de ne rencontrer que les personnes dont le profil est le plus pertinent pour leurs besoins.

Pandémie oblige, la FCCQ a dû revoir la formule et prendre un virage technologique. 

« Ce n’est plus possible pour le moment de faire des déplacements en groupe dans les régions, explique M. Milliard. Les premiers contacts entre les entreprises et les candidats sélectionnés se font par vidéoconférence. Quant aux régions, elles peuvent faire découvrir leur milieu de vie grâce à des vidéos déposées sur la plateforme qui présentent les particularités locales. L’expérience est différente, mais elle permet d’atteindre notre objectif qui est de favoriser l’immigration économique en région. »

Cette transformation numérique a permis l’ajout de nouvelles régions qui ont maintenant accès au programme, soit le Bas-Saint-Laurent, la Côte-Nord, la Gaspésie-Île-de-la-Madeleine, et le Nord-du-Québec. 

Le programme a fait ses preuves. À ce jour, près d’une centaine de personnes immigrantes ont trouvé un poste correspondant à leurs compétences dans une entreprise en région. Quelque 1 600 entreprises se sont inscrites au programme, et plus de la moitié d’entre elles ont participé à une activité de maillage.

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