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Une Amérique qui renaît

Le 45e président, Donald Trump, est finalement défait.

Une Amérique qui renaît
AFP

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Ça y est, c’est fait : Joe Biden sera officiellement le prochain président des États-Unis, le 46e président de leur histoire. Le 45e, Donald Trump, est finalement défait.

Cette victoire, ce n’est pas seulement celle du Parti démocrate ou de Joe Biden. C’est beaucoup plus large, c’est beaucoup plus profond.

C’est la victoire d’une certaine idée de l’Amérique, d'une certaine idée de la démocratie, d'une certaine idée du vivre-ensemble, d'une certaine idée de faire société.

Ce résultat, c’est une Amérique qui renaît, qui reprend ses droits et sa dignité, et une autre partie de l’Amérique qui s’éteindra progressivement.

La dernière élection, qu’on le veuille ou non, était bien comme le camp démocrate l’affichait: une bataille pour «the soul of the nation», l’âme de la nation.

Plusieurs évoquent un désir de retour à la normalité. Du calme et du repos après quatre ans de branle-bas de combat continu.

Je ne crois pas à ça: les États-Unis ne reviendront pas à la normale. Ils sont profondément marqués. Les plaies sont béantes et les blessures prendront du temps à cicatriser.

Un retour à la normalité indique aussi un retour à des circonstances qui ont justement permis à Trump de se faufiler à la présidence des États-Unis.

Joe Biden et les démocrates devront trouver une façon de s’adresser aux Américains, qui, par un mélange d’exaspération, de résignation et de colère, se sont tournés vers le profiteur de détresse. C’est le défi qu’attend l’administrateur Biden.

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Dans les secondes suivant l’annonce de la victoire de Joe Biden sur le réseau CNN, Van Jones, ancien conseiller d’Obama, livrait un témoignage poignant et émouvant sur le fait d’élever ses enfants sous une présidence de Trump.

Il disait, en pleurs : «C’est plus facile d’être un père ce matin, de dire à tes enfants que d’être une bonne personne, c’est important [...]. Je veux que mes fils regardent ceci et comprennent qu’on peut réussir en étant une personne digne.»

Puissant, car la défaite de Trump, c’est aussi la défaite d’une façon de se comporter dans la vie, une défaite de la cruauté et de l’esprit de jungle comme philosophie de vie.

En tant que jeune, en plein milieu de la vingtaine, qui entre tranquillement dans le monde adulte, aujourd’hui est un espoir en la politique et à l’avenir.

Qu’ultimement, la décence et la raison finissent par triompher, même si elles sont constamment mises à l’épreuve.

Qu’aujourd’hui, Trump est tombé, comme d’autres tyrans destructeurs du monde sont tombés dans l’Histoire. Et en tombant, Trump fait aussi trébucher les mini-Trump, ces hommes forts exploiteurs des colères et des instincts primitifs, qui sévissent au Brésil, en Turquie, en Hongrie, en Russie et ailleurs.

Que 2020, malgré ses incertitudes et ses frustrations, a pris un pas dans la bonne direction. Que des jours meilleurs cognent à la porte.

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Je regardais également les vidéos montrant ces villes, comme New York, Detroit et Philadelphie, célébrant la victoire de Joe Biden à coups de klaxons, de clappements de mains et de cris joyeux.

Une énergie salvatrice se libère présentement aux États-Unis.

Ces cris victorieux ressemblent étrangement aux célébrations qui avaient cours à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Même si le contexte est évidemment différent et ne se situe pas au même barreau sur l’échelle des malheurs de l’humanité.

Mais ce qui peut être lié en revanche, c’est la promesse d’un retour à la grandeur de l’Amérique.

Une Amérique inspirante, civilisatrice, qui pousse les autres civilisations au dépassement et à l’idéal démocratique. L’Amérique de Lincoln, de Roosevelt, de Kennedy, de Reagan, de Luther King, de Parks, d’Obama, de Bader Ginsburg.

La force de ce pays réside dans sa capacité surprenante et créatrice à répondre présent lorsque les défis se posent devant lui.

Aujourd’hui, Trump a perdu.

Les États-Unis, eux, ont gagné.

Et le reste du monde a gagné.