/weekend
Navigation

La série télévisée LOL:) fête ses dix ans

ART-LOL
Photo Joël Lemay, Agence QMI Réal Bossé, Martin Drainville et Antoine Vézina, le noyau des comédiens de la série.

Coup d'oeil sur cet article

Quelle série peut permettre à un acteur de se glisser dans la peau de centaines de personnages différents sur des plateaux de tournage érigés aux quatre coins du monde ? Il n’y en a qu’une seule : l’émission à sketches muets LOL:) qui, après 10 ans, met toujours en vedette un noyau de comédiens vétérans formé par Antoine Vézina, Martin Drainville et Réal Bossé. «On a vécu des moments d’exception», souligne ce dernier.

• À lire aussi: La petite histoire du succès mondial de LOL:)

Le Journal s’est entretenu avec les sympathiques comédiens à l’occasion de la dixième saison, actuellement relayée à TVA, les dimanches soir, et ce, depuis 10 ans.

À l’autre bout du fil, les anecdotes, toutes aussi rocambolesques les unes que les autres, défilent. Chacun des trois comédiens étoiles, qui excelle autant dans le drame que la comédie, a largement dépassé la barre des 1000 sketches joués. 

ART-LOL
Photo Agence QMI, Joël Lemay

«LOL:), c’est un show exceptionnel, laisse tomber Réal Bossé. Ça m’a permis d’avoir un regard d’exception sur mon métier. Je suis privilégié de faire partie de cette équipe-là. C’est le projet le plus exceptionnel de cette période-là de ma vie, et je ne suis pas sûr que je vais toper ça un jour. Il y a de quoi de trippant là-dedans, même après 10 ans.»  

«Quand on est allé tourner le pilote au Mexique, on se disait que même si ça ne fonctionnait pas, ça nous ferait un beau petit voyage, se rappelle Martin Drainville. Dix ans d’une vie, ce n’est pas banal.» 

«Quand je faisais mon petit cours de mime et d’expression corporelle dans un sous-sol de l’UQAM, je ne pensais pas vivre de ça un jour», s’exclame en riant Antoine Vézina.  

D’innombrables anecdotes

Ensemble, ils ont bravé toutes les conditions de tournage imaginables possibles. Réal Bossé se souvient d’avoir fait des scènes dans un trou creusé dans un champ de canne à sucre en République dominicaine, là où des tarentules avaient élu domicile. 

ART-LOL
Photo Agence QMI, Joël Lemay

«Les meilleures images qu’on a captées sont souvent les plus désagréables à tourner, dit-il à l’autre bout du fil. Mais je me rappelle des moments d’exception, comme lorsque j’étais au sommet d’une montagne dans les Rocheuses, avec un costume de yéti. On m’a dompé là en hélicoptère et ensuite, il disparaît derrière la montagne. Il y a un cinq minutes où je n’ai rien entendu. Mettons que l’hélicoptère crashe, qui va venir me chercher?»  

En Grèce, un technicien a eu le mal de mer sur un bateau. «L’équipe l’a laissé sur une petite île déserte pour continuer à tourner, mais on le voyait quand même au large, se remémore Antoine Vézina. On lui lançait des oranges et des bouteilles d’eau. Ça nous a tellement fait rire!»

En 10 ans, plusieurs évoquent le tournage à Las Vegas l’an dernier, pour cette 10e saison, comme un des plus éprouvants des 10 dernières années. Tempête de sable, invasion de guêpes, coups de chaleur, «c’était extrêmement agressif», relate Antoine Vézina.  

ART-LOL
Photo Agence QMI, Joël Lemay

Au chapitre des anecdotes, les comédiens parlent encore de l’inexplicable succès monstre qu’a eu la série en Italie, où elle était diffusée à heure de grande écoute. Les comédiens allaient même jusqu’à se faire reconnaître par des Italiens lorsqu’ils étaient en voyage, comme en Afrique du Sud. « C’est une fierté que nos faces soient partout dans le monde », soutient Réal Bossé.  

«C’est de l’ouvrage»

Facile, jouer dans LOL:)? Surtout pas.  

«Tout le monde me dit : j’aimerais ça faire LOL:), rapporte Réal Bossé. C’est de l’ouvrage en maudit. Il faut que tu décrives sans dire. Parfois, il y a des gags où on aimerait avoir juste trois phrases. Mais on ne les a pas.» 

Contrairement à un rôle normal dans une série parlée où des textes sont à apprendre, la grosse partie du travail des comédiens de LOL:) se fait sur le plateau, en équipe. Jouer dans les vrais lieux, et non en studio, aide beaucoup les acteurs à «se croire», soutient Martin Drainville.  

« Si tu ne te crois pas dans ta situation, c’est rare que le public va embarquer. Mais quand tu joues un cowboy dans l’Utah et que tu es entouré de paysages qu’on a vus dans des westerns, ça nous aide à nous croire. Et il faut que tu y ailles à fond. Tu ne peux pas jouer à moitié », ajoute-t-il.  

Malgré l’absurdité de certains gags, les acteurs doivent rester le plus réalistes possible. «À un moment donné, je jouais un serveur dans un restaurant et le client devait signifier au serveur que sa soupe était froide, raconte Martin Drainville. C’est dur mimer ça, à part se mettre le doigt dans la soupe et grelotter! Et on ne peut pas faire ça. Il faut le faire sans dialogue, mais le plus réaliste possible. Il faut tellement être allumé.»  

Sont-ils parfois à court d’inspiration pour l’interprétation? «Des fois, on emprunte la façon de faire des autres, explique Réal Bossé. Ça peut même m’arriver de m’imaginer comment Martin ou Antoine joueraient un gag. Je les imagine en train de le faire, et je le joue comme ça.» 


LOL:) est diffusée le dimanche, à 19 h, à TVA.